dimanche, 30 janvier 2005
GILLES SAVARY, un député européen qui témoigne sur l'EUROBLOG
Voici une tribune de gilles SAVARY, Député européen qui vous apportera un avis sur l'Europe.
Le Parlement européen s'est prononcé à une écrasante majorité (500 voix pour, 137 contre 40 abstenions) en faveur du projet de Traité Constitutionnel, qui permet à l'Union européenne de dépasser enfin la seule construction du marché intérieur européen et d'adapter ses institutions à l'élargissement de 2004 qui a mis un terme historique à l'ordre mondial issu de Yalta et de la guerre froide.
La gauche européenne trouve là l'aboutissement d'un long combat, incarné par le père historique de la Constitution européenne, Altiero Spinelli (1907-1986) ancien militant des jeunesses communistes italiennes, assigné à résidence par Mussolini, fondateur du Mouvement fédéraliste européen. C'est Altiero Spinelli, en tant que député européen, qui fera adopter lors de la première mandature du Parlement européen élue au suffrage universel, le 14 février 1984, un Traité de l'Union européenne qui préfigure très largement celui qui est aujourd'hui soumis aux ratifications de nos 25 Etats membres.
Parce qu'il intègre la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union européenne, le projet de Traité Constitutionnel consacre le long combat en faveur de la reconnaissance des libertés fondamentales, des droits humains et des Droits sociaux qui a jalonné l'histoire européenne depuis la fin de la seconde guerre mondiale, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme (1950) à la Charte Sociale de Turin (1961).
Enfin la méthode d'élaboration du projet de Traité constitutionnel par la convocation d'une Convention, proposée par le Parlement européen lors de la dernière mandature sur la base d'un rapport d'Olivier Duhamel, ancien Député européen socialiste, a été l'occasion d'un débat sans précèdent, ouvert à la société civile et ses multiples contributions.
Cette longue filiation de gauche du Projet de Traité constitutionnel, jalonnée par de multiples initiatives politiques et syndicales au cours de ces dernières années, explique le très large accord des Socialistes et des Verts, mais aussi des syndicalistes européens sur un texte qui ouvre une nouvelle page prometteuse du contient européen.
Ce projet de Traité constitutionnel ne marque pas pour autant "la fin de l'Histoire européenne". Le Parlement européen a voté un amendement, co-signé par Gilles Savary, qui met en exergue le nouveau droit d'initiative reconnu au Parlement européen pour réviser le projet de Traité constitutionnel.
BIOGRAPHIE DE GILLES SAVARY :
Né le 6 décembre 1954 à Oradour-sur-Vayres (Haute-Vienne), Gilles Savary, a été enseignant chercheur à l’Institut d’Economie Régionale du Sud-Ouest, puis professeur Associé d'économie politique à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux de 1992 à 1999. Il a été responsable national du parti à l'action locale (1997 à 2000) puis responsable national aux Services Publics (2000-2003). Par ailleurs, il a été vice-président de la FNESER, la Fédération nationale des élus socialistes et républicains de 1997 à 2001.
Au Parlement européen, Gilles Savary est le vice-Président de la commission transports et tourisme (poste qu'il occupe depuis janvier 2002). Membre suppléant de la commission économique et monétaire, il suit avec un intérêt particulier tous les dossiers relatifs aux services publics, aux grandes infrastructures, à la politique d'aménagement du territoire; Il est également très impliqué sur les questions aéronautiques et spatiales, à travers l'Intergroupe du Parlement qu'il a présidé jusqu'en 2004.
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samedi, 08 janvier 2005
Discours du Président du Parlement européen

Voici une déclaration de M. Josep Borrell, Président du Parlement européen, à l’occasion de la signature de la Constitution européenne le 29 octobre 2004. J'ai eu l'occasion de le rencontrer à Bruxelles au mois d'Octobre dernier. Il est très sympathique. c'est quelqu'un de très humble et très proche des citoyens.
Vous trouverez dans son discours des éléments de débats très intéressants pour se forger sa propre opinion sur la Constitution européenne.
N'hésitez pas à donner votre avis sur la Constitution européenne sur l'Euroblog!!!
Laurent

13:15 Publié dans TRIBUNES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 08 décembre 2004
PLUS SOCIAL QUE MOI, TU MEURS
Voici une Tribune de Philippe HERZOG, Ancien député européen
Président de Confrontations Europe au sujet de la Constitution.
La gauche française est en grande difficulté face au projet de Constitution pour l’Europe. Incitons ceux qui défendent des convictions européennes à s’extraire des contradictions qui les piègent.
Le projet ne marque en rien la fin de la perspective d’une communauté politique. Au contraire, c’est une étape importante dans la formation d’une conscience commune et d’une Union politique d’Etats et de peuples à l’échelle continentale. Plusieurs facteurs y poussent. Economiques et géopolitiques : une grande Europe (y compris avec la Turquie) aura la bonne taille pour affronter les défis de la mondialisation. Culturels : tous ceux qui ont une histoire européenne aspirent à en être et leur choix participe d’un mouvement démocratique d’Ouest en Est. Bien sûr ni les frontières ni les assises de cette Union sont bien définies. Mais quand la force politique est faible, qui peut prétendre choisir le bon tempo ?
Le principal problème pour la gauche est que cette Union en marche ne repose pas sur un projet de société. C’est juste, mais il faut balayer devant notre porte.
La société française a besoin d’un profond renouvellement de son modèle social. Or beaucoup cultivent les peurs et flattent les comportements de défense systématique d’un régime fondé il y a 60 ans. Le droit du travail repose sur la protection dans l’emploi du salarié subordonné : à quand un projet pour une montée générale en qualifications et co-responsabilités de gestion ? Pour cette mobilité, chacun doit pouvoir prendre appui sur une protection sociale et un service public rénovés : or ils ont été créés dans la France de Jour de fête de Jacques Tati. Aujourd’hui on ne sait même plus où sont les missions. La participation des salariés et des citoyens à la stratégie et à la gestion sera le moteur indispensable de cette refondation, or notre système de partenaires sociaux n’est pas conçu pour cela, et la culture de gouvernement de la gauche socialiste abuse de la délégation de pouvoirs.
Aux élections européennes, la gauche a stigmatisé le carcan néo-libéral européen, accusé de miner notre régime social. C’est pour une part accuser les autres de notre difficulté à réformer ce régime. Certes l’Europe nous oblige à assumer le défi de la compétitivité. Cette tension fait mal, mais elle nous empêche aussi de céder à la vieille tentation protectionniste française. Et la Constitution ne fait pas que le choix du marché, elle renforce les leviers d’Europe sociale qui ont été déjà créés. Les droits fondamentaux étendent les garanties. Les partenaires sociaux peuvent nouer des conventions ayant force de droit. Les objectifs de plein emploi et de cohésion sociale et territoriale sont bien ciblés. L’esprit de la « Stratégie de Lisbonne » est dans ce texte : l’Union ne se substitue pas au rôle redistributif des Etats, elle les incite à activer leur politique sociale, c’est-à-dire à combattre le sous-emploi massif des capacités humaines dont souffre l’Europe, et singulièrement la France.
Cette Europe sociale est ambiguë et penche vers le blairisme. Mais lui opposer un programme de convergence sociale comme l’ont fait les socialistes français aux élections européennes, c’est carrément se mettre hors jeu. La France, pas plus que les autres pays, ne veut pas qu’on lui impose son régime social. Inversement vouloir imposer nos propres standards aux autres, par peur du dumping, ne répond pas du tout à leurs besoins. Dans la Constitution, la politique sociale est une compétence partagée, et la loi européenne ne s’occupe pas de tout. Elle peut traiter de la gestion des mobilités transnationales, des fonds structurels, de la coopération et des minima, et grâce à nos efforts, elle peut servir à promouvoir les services publics.
Ce qui fait problème dans la Constitution est ailleurs : c’est l’Union économique. Le socle est déséquilibré : il y a le marché et la monnaie uniques, mais non les outils nécessaires pour combattre la financiarisation et bâtir une maîtrise sociale et publique du développement des capacités humaines et des activités. Mais pourquoi ? Parce que le dogme ultra-libéral est prégnant. Parce que les politiques nationales sont divergentes. Et parce qu’après la faillite du communisme, la gauche a régressé sur le terrain économique. Certes elle réfléchit à la régulation, mais elle s’est très peu investie au niveau des institutions européennes dans la régulation concrète des marchés, laissant le terrain aux Anglo-saxons. Ses demandes récurrentes de coordination des politiques économiques nationales ont singulièrement manqué de substance. Peter Slojterdyk n’a pas tort de dire aux socio-démocrates : pour faire une politique sociale, vous avez besoin d’un capitalisme performant ! Or la gauche politique ne relève pas le défi et elle a même contribué à la déconnexion du social et de l’économique. Il faut retrouver l’esprit de transformation du capitalisme pour pouvoir fonder une véritable Union économique, animée par un projet de développement solidaire.
Bref, les limites de la Constitution, reconnaissons-le, sont aussi celles des forces de transformation sociale. Certains disent que l’adoption de la Constitution serait la mort du socialisme en France : commençons donc par renouveler le socialisme, car en l’état il n’est pas à même d’œuvrer à une société des Européens et à une société-monde. Certains jugent que la règle d’unanimité bloque tout progrès : rêvent-ils à une majorité de gauche qui voterait le socialisme ? En fait c’est un nouveau mouvement social et politique européen, constructif, prenant appui sur tout progrès partiel, qui fera sauter les verrous et les veto. On peut d’autant plus douter que le non conduirait à une crise rédemptrice, qu’il repose sur l’ignorance du travail à accomplir.
La construction de l’Europe n’échappe pas à la France, c’est l’implication des Français, trop faible, qui n’est pas au niveau du besoin d’Europe.
Philippe Herzog,
Ancien député européen
Président de Confrontations Europe
09:05 Publié dans TRIBUNES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 19 octobre 2004
Les jeunes : Un éveil vers l'Europe
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, il fallait préparer l’après Guerre et établir une paix durable. C’était un enjeu pour les uns, un pari irréalisable pour d’autres. Aujourd’hui, ils y sont parvenus. Qui pourrait penser à une nouvelle guerre contre les allemands ? Comment pourrait-on imaginer un conflit militaire entre le Royaume Uni et l’Italie ? Il est évident que la paix est là et bien ancrée entre tous les pays fondateurs et membres de l’Union Européenne. Cette réussite pourrait servir de modèle ou donner de l’espoir aux jeunes générations victimes de guerre dans leur pays.
La génération née au lendemain de la guerre a maintenu les objectifs de leurs parents en donnant un essor économique à la Construction européenne. On a ainsi vu un système monétaire européen, puis la notion d’espace économique. Ceci a relancé la Construction Européenne.
L’Europe s’essouffle. La crise de l’Euro attise les eurosceptiques, les mauvaises affaires politiques désintéressent les jeunes de la citoyenneté. Il faut redonner un nouvel élan à l’Europe. Il faut lui insuffler un nouvel Esprit.
Aujourd'hui, on demande aux jeunes d'avoir une vision de l'Europe, et plus précisément celle dans laquelle ils vivront demain.
Il est de moins en moins envisageable de se désintéresser de l'Europe, ses institutions, et de son fonctionnement. Les jeunes doivent se projeter dans l'avenir. Imaginer quelle sera la situation de l ‘Europe dans 10 ans les amèneront à réfléchir aussi sur leur propre vision des envies qu’ils auront alors. Quels changements espèrent-ils voir se produire? comment contribueront-ils à l'amélioration de ce qu’ils peuvent critiquer aujourd’hui?
Il est vital de faire de la construction européenne l’enjeu de la jeunesse. Sans mobilisation des jeunes pour l'Europe, c'est le projet européen lui-même qui serait menacé. L'Europe doit être en prise avec leurs préoccupations et répondre à leurs aspirations. Elle doit les aider à « mieux être » en leur donnant goût à l’entraide, la solidarité, la démocratie, c’est à dire aux grandes valeurs fortes de l’Europe.
Les jeunes, ce ne sont pas seulement les étudiants et lycéens. N'oublions pas que la jeunesse de l’Europe est en même temps confrontée à des formes spécifiques, insupportables, du chômage, de l'exclusion, et parfois de la guerre qu'elle est porteuse d'aspirations sociales, culturelles et politiques particulières.
Ils ont tous en général le même souhait, le même désir ; ils cherchent à vivre ensemble la recherche d'une Europe à visage humain pour tous ceux qui y vivent. Pour y arriver, il faudra transformer les mentalités, et changer les égoïsmes par la découverte des autres.
La participation des jeunes aux différentes organisations européennes et tout particulièrement à celle du Parlement Européen des Jeunes, contribue à la construction de l’Europe de demain et leur réflexion apporte une petite pierre à l’édifice européen.
Ces expériences révèlent la nécessité de comprendre ce qui se passe autour d’eux. Elles permettent de se familiariser avec les pensées et le mode de vie des autres peuples, de respecter les différences et de comprendre les raisons des conflits internationaux.
Pour y parvenir, ils devront apprendre à se connaître, se familiariser avec les traditions de chacun, échanger leur point de vue. Un esprit de citoyenneté européenne se développera en eux. Ils auront une vision tout autre de l’Europe de celle qu’ils peuvent en connaître de par les traités ou des « mauvaises affaires » de la Commission. Ainsi, ils la toucheront du bout des doigts, et ils la vivront chaque jour.
Et pour conclure, n’oublions pas qu’il faut donner aux jeunes d'Europe, de Bologne à Berlin, de Leeds à Bilbao, la possibilité de témoigner de l'existence d'une Europe plus ouverte, plus mobile, d'une Europe plurilingue et multiculturelle, d'une Europe solidaire et tolérante, et ainsi donner tout son sens à la notion de citoyenneté européenne !

23:00 Publié dans TRIBUNES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




