vendredi, 26 décembre 2008
Expernova.com : Doper les partenariats Universités/Entreprises grâces aux blogs scientifiques.
Bonjour,
Je vous présente une interview de Pascal Magnier qui vient de créer Expernova. C'est un projet très intéressant à suivre !
Bonne lecture
Laurent
LD : Peux-tu nous expliquer en deux mots le projet Expernova ?

Expernova.com, dont la version béta vient d’être lancée, est la première plateforme web qui permet aux scientifiques et experts de haut niveau de gagner en visibilité et en accessibilité auprès de tous les autres acteurs socio-économiques. Ces derniers pourront identifier de nouveaux experts et en suivre automatiquement l’actualité.
LD : Peux-tu nous raconter la naissance d'Expernova? Les circonstances, les fondateurs, les partenaires ...
PM: Mon mémoire de fin d’étude à HEC-Entrepreneurs m’avait permis de m’intéresser à l’évolution de la gestion de la R&D dans les grands groupes industriels : des besoins en expertise de plus en plus pointus (innovation) mais de plus en plus ponctuels (projets).
Cette idée a alors commencé à mûrir dans ma tête, accompagnée par les retours d’expérience de mes parents travaillant dans la direction de laboratoires de recherche à forte activité contractuelle.
Mais c’est réellement lors de mon expérience de 3 ans au sein du groupe Pernod-Ricard que j’ai été confronté à un problème de recherche d’expertise de haut niveau. J’ai alors quitté le groupe Pernod-Ricard pour me lancer dans ce projet, dont il est partenaire depuis l’origine.
LD : Quels sont ses objectifs ?
PM: Faciliter la diffusion de l’actualité scientifique auprès des autres acteurs socio-économiques.
Créer de l’interactivité entre les acteurs de la recherche scientifiques mais surtout et pour la première fois de manière aussi simple avec des cadres en entreprises, des consultants, des free-lances, ou des cadres de la fonction publique.
§ Commenter les hypothèses d’une publication ou les résultats d’un projet
§ Soumettre et faire remonter des problématiques opérationnelles
§ Permettre aux chercheurs de mieux évaluer les niveaux de pratiques réels dans l’industrie
Mettre en relation ces différents acteurs pour développer les retombées contractuelles des centres publics et permettre une réponse rapide à des besoins ponctuels en expertise de haut niveau dans les entreprises:
§ Mission de consultance de chercheurs en entreprises
§ Projets en partenariats
§ Intervention à des conférences / séminaires / formations internes
LD : Quels sont les principaux enjeux du rapprochement Recherche/Entreprises pour l'Europe?
PM: Le constat est assez identique dans les principaux pays européens. Face à un désengagement des états, les centres de recherche et d’enseignement supérieur publics sont amenés à accentuer leur recours à des financements privés.
En parallèle et comme conséquence de la mondialisation, la concurrence internationale a gagné les domaines de l’enseignement et de la recherche. La compétition pour les talents (étudiants, enseignants, chercheurs) est forte. L’attractivité et la visibilité en termes de formation et de recherche sur la scène internationale sont devenues des enjeux essentiels.
Les services Expernova sont donc adressés à ces établissements pour leur permettre de gagner en efficacité dans leur recherche de financements privés (activités contractuelles, mécénats pour leurs nouvelles fondations, formations payantes).
LD : En quoi Expernova pourra contribuer à la recherche en matière de développement durable?
PM: Le développement durable est un sujet vaste et certaines entreprises peinent à appréhender le sujet dans sa globalité pour définir une véritable politique. J’ai été confronté à un exemple concret dès la création de la société. L’expertise académique peut alors apparaître comme une alternative dans l’accompagnement de l’entreprise.
Le premier groupe thématique créé sur la plateforme s’intitule « Développement Durable ». Il a pour vocation de regrouper des experts, proposant ainsi aux entreprises de suivre l’actualité des recherches sur ce domaine et permettant éventuellement de débouchés sur des contrats qui financeront de nouveaux travaux de recherche.
Je pense qu’il est intéressant de préciser dans ce chapitre que le service Expernova s’inscrit parfaitement dans la construction d’une société basée sur la connaissance, présentée par certain comme l’unique alternative pour que l’Europe reste compétitive au niveau international, en devenant pionnière dans le développement et l’innovation durables. En effet, Expernova propose une passerelle concrète et simple d’utilisation pour que tout citoyen reste connecté à l’excellence scientifique et qu’il puisse ainsi en tirer profit dans ses activités professionnelles (culture scientifique collatérale pour les chercheurs, formation continue pour les cadres,…).
La recherche dans le domaine du développement durable est dors et déjà présente sur le site via l’Institut Supérieur en Gestion et Ingénierie de l’Environnement de l’Ecole des Mines de Paris. Celui-ci intervient indirectement en entreprise via des élèves ingénieurs « consultants » épaulés par les enseignants-chercheurs.
Annexes :
« Rester en étroite relation avec la recherche cognitive doit être considéré comme un avantage compétitif majeur pour l’innovation et le développement industriel ; à titre personnel tout cadre d’entreprise quelque soit son secteur (Ingénierie, Gestion, Droit,…) y trouvera le moyen de parfaire sa formation continue. Le service Expernova permet aux scientifiques et technologues de devenir des sources d’expertise visibles et accessibles à tout public souhaitant développer ses connaissances. Ils pourront ainsi devenir des référents auprès de nombreux acteurs socio-économiques. »
“I founded the C&S group in 1995. Although being 100% incorporated within the University, C&S group commits itself to providing a reliable partner for industries. We are specialized in the automotive and industrial automation applications sectors. We have cooperated in many international projects with very famous companies such as Volkswagen, BMW, Daimler, Ford, Toyota, Airbus, Bosch, Denso,… and standardization groups such as Autosar, FlexRay, LIN. Expernova propose a new tool to reinforce Academy/Industry communication. Thanks to their blogs, researchers can now transmit easily and automatically their news to a scientific and industrial public.”
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samedi, 01 mars 2008
Interview Alain Lefebvre : Face à face Suède & France
INTERVIEW D'Alain LefebvreQuelle est l'image de la France en ce moment en Suède ?
La France est très appréciée en Suède. Il y a une certaine admiration pour notre capacité à mener des débats intellectuels, et plus simplement pour la culture francaise. Il y a aussi une coopération industrielle développée, et Airbus ou le TGV font beaucouppour notre popularité.Le CPE existe-t'il en Suède, ou un système similaire ? Si oui, lequel ?
Non,il serait ici inadmissible de faire autre chose que le CPE ou le CDI et de traiter inégalement les jeunes, les vieux, les noirs ou les blancs. Ce seraqit considéré comme de la discrimination.
Comment est perçue la mondialisation en Suède ?
C´est un fait depuis longtemps pour les pays nordiques. Les suédois ne veulent pas que la globalisation les oblige à détériorer leur potection sociale très développée: les gouvernements et les partenaires sociaux ont donc travaillé ensemble á une stratégie pour faire face à la globalisation, notamment en développant la recherche et l´innovation grâce á des programmes public/privé, l´éducation, la formation, et avec une politique de soutien des PME à l´exportation.
Les Suèdois sont-ils optimistes ? Ont-il un meilleur moral que les français? pourquoi ?
Selon une étude 2005 de la Fondation de Dublin, 85 % des suédois et seulement 45 % des francais sont optimistes pour l´avenir (seule la Slovaquie fait pire que la France, 24ème sur 25...). Pourtant la différence de niveau de vie moyen n´est pas si importante. Mais les inégalités sont moins importantes, il y a 2 fois plus de francais que de suédois qui ont du mal á finir le mois financièrement (12% contre 6%).
Pouvez-vous nous dure quelques mots sur le développement durable en Suède ? Est-il une composante d'un modèle social ?
L´idée du développement durable est que l´on ne veut pas avoir une croissance qui aggrave la situation pour les générations futures. C´est bien sûr l´environnement, mais aussi la santé. En matière sociale, le fait de faire payer les retraites à nos enfants n´est pas non plus considéré comme raisonnable.
http://societesnordiques.wordpress.com/
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vendredi, 21 décembre 2007
Au 53 rue de Tocqueville, Paris 17 !!!
Bonjour,
Il y a quelques temps, je vous présentais Alexis KRYCEVE, d'Alter Eco. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter Guillaume HERMITTE, le fondateur de PUERTO CACAO, Atelier de chocolat authentique & équitable. J'ai fait la connaissance de guillaume dans son magasin à l'occasion d'une journée d'étude sur le développement durable. Je vous invite à découvrir sa boutique pour y savourer un excellent chocolat chaud ou pour offrir en cette fin d'année d'excellents chocolats dans votre entourage.
LD :Quel est ton parcours et comment est né ton projet Puerto Cacao?
GH: J'ai aujourd'hui 26 ans, et viens d'obtenir il y a un an mon diplôme de l'ESSEC MBA. Après y avoir passé quelques 5 ans, et fait des stages à l'étranger (Venezuela, Mexique) qui m'ont éveillé sur un certain nombre de réalités sociales inquiétantes, j'ai un jour visité une chocolaterie qui m'a beaucoup inspiré, et qui a fait naître en moi le désir de créer ma propre chocolaterie.
Dès le début, il s'agissait pour moi de mettre en place un concept et des produits encore inconnus en France, mais surtout de mettre en oeuvre une démarche de responsabilité sociale la plus complète possible. Ce qui comprenait notamment le fait de faire du commerce équitable, et d'entrer dans ce cadre en contact direct avec des producteurs de cacao pour être au coeur des problématiques concrètes du commerce équitable.
Au retour de ce voyage qui m'a inspiré, en avril 2005, j'ai profité de ma dernière année à l'ESSEC pour préparer l'ouverture de ma première boutique (études de marché, cours d'entrepreneuriat, création d'un business plan, levées de fonds...) et j'ai fini par ouvrir en octobre 2006 (soit 15 jours après le remise de mon diplôme et après 18 mois de préparation) ma boutique : PUERTO CACAO, au 53 rue de Tocqueville, Paris 17.
LD: Quel est le regard de vos clients sur votre boutique ? de vos partenaires et de vos fournisseurs?

GH: Les clients ont un regard très bienveillant et très positif sur notre boutique. D'une part, de nombreux compliments nous ont été faits sur la manière dont nous avions réalisé un grand nombre de choses (décor, fournitures, mise en valeur des produits...), et d'autre part, nombreux sont ceux qui nous affirment que notre concept va marcher, et que l'on travaille déjà très bien. Ce n'est pas complètement, faux, même si la plupart d'entre eux ignorent tout des difficultés que j'éprouve aujourd'hui, 13 mois après l'ouverture, pour faire flotter ma barque.
Nos partenaires financiers et opérationnels les plus proches sont pour la plupart des structures fortement engagées dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (CIGALES, Garrigue, La NEF, La Table de Cana - traiteur d'insertion) et il me semble que toutes portent sur nous un regard optimiste. Mon banquier m'a révélé dernièrement, alors que je cherche à faire financier par crédit du préfinancement de commande pour mes producteurs de cacao (soit du pur BFR et sans garantie - une hérésie pour une banque), que la manière dont les relations se déroulaient entre PUERTO CACAO et ses partenaires financiers avaient permis de tisser une forte relation de confiance. C'est agréable à entendre, et surtout, cela me laisse à penser qu'a priori ils devraient nous prêter cet argent...
LD: Comment êtes-vous sûr d'être équitable au sein de vos fournisseurs ? J'imagine qu'au sein d'un même village vous devez faire des choix de partenaires. Il y a donc des heureux et des moins heureux...

GH: Pour la plupart de nos fournisseurs en France, la question ne se pose que très peu dans le mesure ou nous sommes contraint de nous fier aux labels existants, essentiellement Max Havelaar.
Pour nos producteurs de cacao, nous sommes en plein dans cette problématique dans la mesure ou notre croissance va entrainer une augmentation nécessaire du nombre de participants au sein de la structure locale d'exportation de cacao. Et les critères d'acceptation de nouveaux entrants vont être délicats à peser. La confiance en la personne constitue le premiere de ces critères. La fiabilité de la personne est essentielle. De même que la qualité de son travail. Puis viennent ensuite le niveau de ses ressources des personnes, (bien que dans la zone du Venezuela avec laquelle nous travaillons il n'existe que des micro producteurs morcelés et avec très peu de ressources, ce qui en fait un critère peu discriminant) ainsi que son désir de rejoindre une structure nouvelle ou la transparence est exigée.
La présence d'une structure tierse, à but non lucratif, qui joue à la fois le rôle de contrôleur du respect des obligations des producteurs envers moi, mais aussi le rôle de coordinateur des projets de développement, me permet d'avoir plus de certitudes quant à "l'équitabilité" de nos relations.
En quoi le commerce équitable est au cœur du développement durable ?

Le commerce équitable est une forme de commerce qui valorise la place de l'homme au sein des échanges commerciaux, s'appuie sur des mécanismes de coopération et d'accompagnement étroit avec des producteurs défavorisés de PED, et s'évertue à aller au delà d'un certain nombre de contraintes géographiques, éducatives, matérielles... tout en cherchant à respecter des mécanismes simples de l'économie de marché, à savoir compétitivité finale des prix, effort sur la qualité des produits... Par ailleurs, au delà du travail de développement social qui est mené avec les producteurs en question, les question environnementales sont aussi très souvent au coeur des problématiques de commerce équitable.
Parce qu'il s'appuie sur ces trois piliers, que sont l'économie, l'humain et l'environnement, il est un outil fondamental de la démarche globale de développement durable.
Quelle est ta définition du commerce équitable?
J'ai essayé d'en donner des traits ci dessus mais en une phrase, "le commerce équitable est un partenariat économique, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont le but est de commercialiser des produits à la qualité croissante, et dans une perspective d'une plus grande équité dans les échanges commerciaux".
Pour toi, le développement durable, c'est une utopie, un business, ou une opération de communication pour les grandes entreprises?
Ça dépend des jours :-)
Au fond de moi, c'est une philosophie de vie (une hygiène de vie presque) qui, par un grand nombre de gestes simples, nous permettrait de générer un développement économique et social plus harmonieux et plus soucieux de la planète. Et j'insiste sur la notion de "geste simple", que ce soit ne tant que particulier, ou bien en tant que professionnel, maillon d'une structure plus importante, qui reste dans une optique de faire du business. ET d'ailleurs, pour les entreprises, je suis persuadé que le développement durable, plus qu'une contrainte, finira par être une véritable source d'opportunité commerciales.
Dans les fait, je ne peux pas m'empêcher de voir que c'est une très belle opération de comm pour les grandes entreprises. Et dans le cas de certaines, cela m'énerve profondément.
Et dans mes jours tristes (lorsque je n'ai pas mangé assez de chocolat), je me dis que c'est une utopie, qui se trouve bien loin des préoccupation bien terre à terre de tout un chacun, comme la sécurité ou la propriété matérielle.
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vendredi, 22 juin 2007
André SANTINI, un européen depuis toujours....
Bonjour,
Souvenez-vous, le 28 mars 2005, je vous présentais l'interview ci dessous.... M. Santini est maintenant Ministre de la fonction publique.
Bonne lecture,
Laurent
Bonjour,
Je vous propose une interview d’un Européen convaincu : André Santini, 64 ans, universitaire, docteur en droit et diplômé d’études supérieures de Science politique. Il est Maire d’Issy les Moulineaux depuis 1980 et Député des Hauts de Seine. Je l'ai récemment contacté au sujet de l'actualité et voici quelques questions réponses.
A l’heure où beaucoup de nos citoyens s’interrogent sur l’Europe, pouvez-vous nous dire ce qu’elle représente pour vous ? Quels sont vos premiers souvenir de l’Europe ?
Je suis un enfant de la Seconde Guerre Mondiale et l’Europe s’envisageait pour moi comme une solution un règlement pacifique des conflits européens. Mes premiers souvenirs remontent à la signature des premiers traités créant la communauté Européenne du Charbon et de la Communauté Economique Européenne.
En quoi l’Europe change notre quotidien et en quoi elle modifiera nos vies d’ici les prochaines années ?
L’euro a changé notre quotidien et l’élargissement va contribuer à en faire une monnaie de plus en plus utilisable. Les grands changements à venir concernent le développement de la concurrence qui va s’accroître avec un plus grand nombre de propositions de services et d’offres commerciales.
Quel souvenir avez-vous de 1989 ?
La chute du mur de Berlin en 1989 a été une libération pour les peuples et la jeunesse qui a permis un engagement politique moins tranché idéologiquement et donc plus sensé politiquement.
L’entrée du Royaume Uni dans l’Union européenne a-t-elle suscité des remous ? Que faisiez-vous à cette époque ?
En 1973, j’étais professeur d’université et proche de Jacques CHABAN-DELMAS. Les différents élargissements s’inscrivent dans un processus naturel, mais qui doit trouver son terme et notamment en excluant la Turquie. Grâce à l’Europe, les peuples ont pu étudier, travailler et construire un monde dans un espace pacifié et tolérant
Voici la bio d'André Santini que vous retrouverez sur son site internet : www.andre-santini.net
Né sous l'heureux signe de la Balance, à Paris, le 20 octobre 1940, André SANTINI a passé le cap décisif de la soixantaine. Malgré son grand âge, il offre encore, outre une stature généreuse, une santé de fer. Il est maire d'Issy-les-Moulineaux depuis 1980, député des Hauts-de-Seine depuis 1988, Président du Syndicat des Eaux d'Ile-de-France (SEDIF) depuis 1983, du Mouvement National des Elus Locaux (MNEL) et du Global Cities Dialogue ; il a été Vice-Président de l'Assemblée Nationale et Président de la Commission de la Production et des Echanges. Vice-Président de la Nouvelle UDF, il dirige ce parti en Ile-de-France et dans le 92.
Deux fois ministre sous la première cohabitation, il fut d'abord chargé de régler l'épineuse question des rapatriés (et fut du même coup le premier ministre à s'auto-dissoudre après avoir résolu le problème qui lui était soumis), puis s'installa au ministère de la Communication, dans les bureaux d'André Malraux. Un héritage propre à satisfaire son ego… immense !
Il traîne avec lui la réputation, justifiée d'un bourreau de travail. Pour lui, les vacances ne sont faites que pour "les flemmards, les bipèdes à faux-cols qui ne daignent jamais emperler leur front de la sueur auguste du travail" (Philibert BESSON).
En plus d'être très intelligent, André SANTINI travaillerait donc beaucoup ce que confirme son parcours universitaire !
Docteur en droit (auteur d'une thèse trop méconnue sur "le régime fiscal des sociétés étrangères en droit comparé"), diplômé des Langues O, de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et de sciences politiques, André SANTINI cultive toutefois, avant tout, et avec persévérance, l'amour du bon sens et le mépris de la bêtise.
Il a déjà écrit son agacement devant la sottise universelle, et celle de ses confrères en politique singulièrement, dans un best-seller intitulé "Ces Imbéciles qui nous gouvernent". Toujours en manque de vacheries saignantes, il a réservé la suite de cet ouvrage aux experts de tous poils ou autres futurocrates approximatifs
(Cf. " Des vessies pour des lanternes. Pour en finir avec la république des experts").
Connu pour être un homme ouvert et chaleureux, aimable, posé, réfléchi disponible pour ses administrés, il ajoute à ce nombre impressionnant de qualités une détermination et une énergie aux réserves inépuisables dont il maîtrise bien les dépenses …comme celles de sa commune, qu'il est fier d'avoir transformé en une collectivité dynamique, attractive agréable à vivre et pionnière en matière de Technologies de l'Information et la Communication.
Un thème qui lui est cher depuis longtemps déjà et sur lequel il entend encore faire avancer les choses. André SANTINI est co-président du groupe d'études "Internet, Technologies de l'Information et de la Communication et Commerce électronique" à l'Assemblée nationale.
Président à vie du Club des Parlementaires Amateurs de Havane, membre de la Confrérie du Goûte-boudin, Commandeur du Tastevin, Chevalier de la Confrérie du fromage de tête, Prix d'excellence du Club de l'humour politique, et intronisé dans l'Académie Alphonse Allais, André SANTINI n'oublie pas de cultiver, a côté de celui du savoir-faire et du faire-savoir, l'art subtil du savoir-vivre sans rien renier de sa devise : "voir loin, y regarder de près".
CITATION d'ANDRE SANTINI lors de l'émission d'un Monde à l'autre présentée par Paul AMAR.
"Ma devise quand je vois des jeunes est : La jeunesse est une fraction de folie ! " Proverbe arabe
10:18 Publié dans INTERVIEW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Démocratie
dimanche, 21 janvier 2007
ENTRETIEN AVEC ALEXIS KRYCEVE
Alexis Kryceve est directeur associé d'ALTER ECO (http://www.altereco.com/Bienvenue.php). Voici son témoignage sur le commerce équitable :Qu'est-ce Alter Eco ? Une ONG, une société ? Une société anonyme. Des petits investisseurs privés de tous horizons, un fonds éthique de valeurs non cotées (ESFIN participations), et quelques institutionnels (Creagro, Unigrains, Siparex…) Quelle est ta définition du commerce équitable? Le commerce équitable est une autre façon de faire du commerce (celle qui aurait toujours du être ?), en réintroduisant l’homme au cœur des échanges. Le but est, grâce à des conditions commerciales avantageuses, de permettre à des communautés de petits producteurs dans les pays du Sud (Tiers Monde) de se développer. Le commerce au service du développement ! Contrairement au commerce conventionnel qui entraîne un appauvrissement des populations du Sud puisque les producteurs vendent à perte. Par exemple, le cours mondial actuel du café est le même que celui de 1973… alors que le coût de la vie et des intrants n’ont cessé de croître pendant ce temps. C’est ce qu’on appelle la détérioration des termes de l’échange… Nous travaillons en priorité avec les plus défavorisés, dans une approche solidaire et durable. Nous payons un prix juste, au-dessus du prix de revient ! Nous travaillons de la façon la plus directe possible, nous préfinançons les commandes à hauteur d’au moins 50%, nous nous attachons à privilégier des ingrédients et des savoir-faire locaux, des traditions. Nous nous engageons dans la durée, nous travaillons avec des coopératives ou des associations de producteurs organisées de façon transparentes et démocratiques… Peut-on faire du commerce équitable dans son propre pays? Après tout, en France, il y a aussi des petits producteurs fermiers. Commerce d’un principe identique avec les pays du Nord, pourquoi pas, la situation des producteurs de lait ou de vin en France est préoccupante bien sûr. Cependant, attention à la confusion. Les raisons des situations respectives des paysans du Nord et du Sud ne sont pas les mêmes, et le critère n°1 du commerce équitable est de travailler en priorité avec les plus défavorisés. Les producteurs avec lesquels nous travaillons touchent entre 100 et 500 dollars par an, n’ont pas la possibilité de scolariser leurs enfants, n’ont pas accès aux soins, à l’éducation, au marché, ont une espérance de vie de 50-60 ans, n’ont pas de subventions… Parfois les intérêts respectifs des paysans du sud et du nord sont directement en opposition : conservation ou suppression des quotas, des subventions dans les pays du nord. Si on appelait commerce équitable un commerce Nord-Nord, on donnerait de plus la possibilité à des gens peu scrupuleux de faire du commerce équitable en allant chercher des produits pas très loin, et de bénéficier des retombées de ce concept porteur. Du coup, risque de se détourner des producteurs du sud qui sont les plus en difficulté et ont besoin d’un accompagnement et de débouchés à long terme, et donc échec de l’objectif initial.Cependant des initiatives Nord-Nord existent, je les soutiens bien sûr, il s’agit de mouvements citoyens, éthiques à encourager. On parle généralement dans ce cas de commerce solidaire. C’est un autre métier, complémentaire. En quoi le commerce équitable est au cœur du développement durable ? Les critères du commerce équitable sont des critères de développement d’ordre économique, social et environnemental. Le but est de mettre en place les conditions d’un développement durable, pérenne des communautés avec lesquelles nous travaillons. De plus, les exemples d’initiatives de développement durable sont souvent principalement environnementaux. Le commerce équitable présente l’intérêt de s’appuyer sur les trois piliers du développement durable, et donc d’être l’illustration la plus complète, la plus poussée et la plus aboutie d’initiative de développement durable. Pour toi, le développement durable, c'est une utopie, un business, ou une opération de communication pour les grandes entreprises? Ces choix ne sont pas glorieux… Non, pour moi c’est un domaine assez vaste et non structuré mais ça n’est pas grave. C’est une somme d’initiatives individuelles ou collectives qui doivent permettre de « changer le monde » et « changer notre rapport au monde ». Elles sont toutes à encourager ! Tant qu’on ne « triche » pas. Le développement durable est en train de trouver ses lettres de noblesse et a un avenir prometteur car les acteurs du marché comprennent que c’est une source sans fin de création de valeur, d’emplois… pour les entreprises. Lorsqu’on sort du discours moralisateur « Ce n’est pas bien, il faut changer sinon le ciel va vous tomber sur la tête », mais que l’on dit « Allez-y, innovez, trouvez des solutions alternatives, vous vous différencierez, vous ferez des économies et vous serez plus performants », là, on commence à gagner. Il y a énormément d’exemples. Le bouquin « 80 hommes pour changer le monde » écrit par Mathieu Le Roux est rempli d’illustrations. Il y a aussi la problématique pétrole qui est intéressante avec la flambée des cours. On voit déjà le discours sur les énergies renouvelables évoluer. On passe de « C’est gentil, ce truc, c’est pour les associations militantes et quelques allumés » à un axe qui peut devenir vraiment stratégique. Certaines entreprises, si elles prennent une longueur d’avance dans ce domaine, peuvent vraiment prendre des parts de marché significatives. Idem pour nos produits en magasins. Au début c’était : « C’est quoi ces produits, ça va se vendre comme un cercueil à deux places ». Les mêmes qui tenaient ces propos dans les magasins plébiscitent aujourd’hui les produits à fond et réclament des animations car ils voient que ça marche fort et que les clients sont fidélisés. |
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jeudi, 26 mai 2005
Interview de Claude COURTY, secrétaire national de la CFE CGC
Bonjour,
Aujourd'hui, je vous présente une interview de Claude COURTY, secrétaire national porte-parole européen de la CFE CGC.
Comment est né votre intérêt pour l’Europe ? Quel est votre premier souvenir européen ? Quel est le 1er événement qui vous a convaincu de penser en tant qu’européen ?
Ma première rencontre avec l'Europe remonte à 1971 lors d'un stage Universitaire à Coventry. Les échanges que nous avons pu avoir alors étaient si passionnés, surtout entre Anglais et Français que je me suis dit que si on ne
faisait rien pour unir les peuples les gens étaient prêts à se tapper dessus pour défendre des conceptions idiotes de leur territoire. J'avais été 4 ans plus tôt lauréat d'un prix sur la paix dans le monde alors tu peux imaginer ce que ce mot pouvait et signifie toujours pour moi. C'est ça qui a déterminé mon engagement européen.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi l'Europe joue un rôle au sein de la CGC ?
Pour la CFECGC dont je suis le porte-parole Européen, les enjeux sont ceux du dialogue social et de notre representation dans les instances de dialogues. Ne faisant pas partie de la Confédération Européenne des syndicats qui n'a pas voulu de nous parce que nous étions catégoriel (merci l'ouverture d'esprit de leur modernité), nous avons crée en 1991 la Confédération Européenne des Cadres ( 1 500 000 adhérents , 22 pays membres, et 15 fédérations professionnelles européennes).
Nous sommes donc presents à divers niveaux pour défendre la spécificité de l'encadrement et nous organisons régulièrement des colloques pour montrer cela à nos collègues Européens. Par exemple je pars cet apres-midi au Portugal car nous allons parler de la place des cadres dans les Conseils d'Administration des Sociétés.
Votre vision de l’Europe :
Quelles seront les grandes priorités de l’Europe vis-à-vis des États membres et du monde d’ici les prochaines années ? La Constitution européenne est-elle nécessaire pour y parvenir ?
Sur les grandes priorités du monde, je crois que tous les gens sérieux aujourd'hui souhaitent une meilleure répartition des richesses et une réduction des inégalités. L'OMC et sa volonté de liberté économique et commerciale oublie la place des être Humains dans le monde et ne pense que profits.
Imaginons, nous sommes en 2030, comment voyez-vous l’Europe ? Quelle est votre vision de l’Europe de demain, celle de vos petits-enfants ?
Pour la CFECGC cela n'est plus pensable si nous voulons que nos enfants héritent d'un monde plus juste. D'ou notre engagement dans le commerce équitable, notre rapprochement avec des ONG pour placer le social et l'environnement au centre des préoccupations futures.
La Constitution pourra être un instument dans la mesure ou pour la première fois elle intègre les droits fondamentaux dans le texte et non pas en annexe. Ils seront donc opposables en justice et devant les tribunaux prudhommaux en France
En 2030, l'europe sera plus sociale qu'aujourd'hui c'est obligatoire si nous ne voulons pas des conflcts meurtrier. N'oublions jamais ce qu'il s'est passé en Yougoslavie. Nous devons uniformiser nos législations et faire avec les nouveaux pays ce que nous avons déja fait avec le Portugal, l'Espagne et la Grèce. La France aura un poids démographique plus important et devra l'utiliser pour être un moteur de démocratie et de liberté mais elle ne devra pas être seule. Nous devrons aussi être plus exemplaires en matière d'environnement pour inciter les
autres , USA CHINE à intégrer ces critères et en faire des pénalités fortes s'ils ne respectent pas un minimum de règles.
2030 verra beaucoup plus d'échanges entre les différents pays et nous aurons à résoudre quelques problèmes migratoires de mirages économiques. C'est pour cela que nous devons faire progresser les minima sociaux dans les différents pays et nous rapprocher les uns des autres.
En quoi l’Europe peut-elle devenir un rêve pour nous et les générations futures ? Peut-elle se substituer au rêve américain ?
Pour moi l'Amérique n'est plus un rève autrement c'est mal connaitre les véritables conditions de vie de la moyenne de la population. On n'est plus à Hollywood et leur films montre ce qui leur manque le plus, La justice et la solidarité. Cela s'appelle compenser!!!
La Constitution européenne : S’il fallait retenir un argument pour voter en faveur du projet constitutionnel, lequel est le plus important pour vous ?
S'il me fallaitretenir un seul argument pour voter OUI, je dirais : la solidarité pour notre futur. Si le oui l'emprte l'Europe sera plus pres car le Parlement aura plus de poids, elle setra mieux organisée aura un Président identifiable et une commission qui n'en fera pas qu'a sa tête. Notre réactivité économique sera donc plus forte et nous pourrons tenir tête dans les négociations internationales à des pays qui aujourd'hui ne respectent rien.
Merci beaucoup pour cette interview.
Laurent Delporte
15:45 Publié dans INTERVIEW | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe
INTERVIEW d'ANNE -MARIE IDRAC, Présidente de la RATP
Bonjour,
Je vous présente une interview d'Anne-Marie IDRAC, Présidente de la RATP.
Comment est né votre intérêt pour l'Europe ? Quel est votre premier souvenir européen ? Quel est le 1er événement qui vous a convaincu de penser en tant qu'européen ?
Je suis bretonne, c'est-à-dire d'une Région d'Europe à la fois très enracinée dans ses valeurs propres et très ouverte sur le monde. Je me sens à la fois de Bretagne, de France, et d'Europe.
Mon premier souvenir, c'est la tristesse de mon père qui avait été Résistant pendant la guerre - attéré par l'échec de la CED qui nous a fait perdre 50 ans de puissance européenne dans le monde.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi l'Europe joue un rôle au sein de votre entreprise?
Pour mon entreprise, la RATP, l'Europe c'est le financement de projets de recherche liés au développement durable des villes. C'est aussi l'espoir que la concurrence qui arrive soit régulée, organisée bref qu'elle ne soit pas
"sauvage".
Quelles seront les grandes priorités de l'Europe vis-à-vis des États membres
et du monde d'ici les prochaines années ? La Constitution européenne est-elle nécessaire pour y parvenir ?
La priorité européenne, c'est d'affirmer un modèle économique et social équilibré :
la liberté économique, le souci du social, la défense de nos intérêts dans le monde. Si la constitution n'est pas adoptée, on aura l'élargissement "sec" prévu par le Traité de Nice, sans contre-poids à la seule logique d'un grand
marché.
En quoi l'Europe peut-elle devenir un rêve pour nous et les générations futures ? Peut-elle se substituer au rêve américain ?
Le rêve, c'est que l'Europe affirme un modèle humain attirant - prospère, protecteur de l'environnement, sodidaire entre ses citoyens, généreux à l'égard des autres parties du monde. Le cauchemar, ce serait une Europe vieille dans sa démographie et dans sa tête, ringardisée par les pays plus dynamiques.
Le rêve européen est bien plus profond que le "rêve américain", car il peut rassembler toutes les aspirations des gens - aspirations économiques mais aussi sociales et environnementales. Notre histoire nous a appris la complexité et la fragilité, c'est-à-dire la sagesse.
La Constitution européenne :
S'il fallait retenir un argument pour voter en faveur du projet constitutionnel, lequel est le plus important pour vous ? Prenons un exemple concret : les importations du textile chinois. En quoi l'Europe peut-elle réussir à limiter ces importations et réguler le marché, là où chaque pays individuellement a échoué.
Un argument européen : l'union fait la force c'est évident à propos du textile chinois. Un argument français : on se défend mieux dans le jeu qu'en dehors du jeu. Et ce jeu, ce sera davantage celui des citoyens avec la Constitution qui leur donne de nouveaux pouvoirs que sans - c'est-à-dire avec le Traité de Nice qui est totalement technocratique.
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lundi, 23 mai 2005
Interview de Bernard POIGNANT
Bernard Poignant est député européen depuis 1999, membre du Groupe parlementaire du Parti Socialiste Européen. Il siège à la commission de la pêche ainsi qu'à celle du développement régional. Depuis juin 2004, il préside la Délégation socialiste Française. Après avoir été Maire pendant 12 ans, il est Conseiller municipal de Quimper depuis mars 2001.
Quel est votre parcours et vos fonctions ?
Membre du PS depuis 1974, j’ai accompagné son histoire, ses succès et ses vicissitudes. Parlementaire européen depuis 1999, je préside aujourd’hui la délégation socialiste française forte de 31 députés.
Comment est né votre intérêt pour l’Europe ? Quel est votre premier souvenir européen ?
Mon intérêt pour l’Europe accompagne l’adhésion précoce et progressive de ma région, la Bretagne, à cette grande aventure. Mon meilleur souvenir est ma première entrée dans l’hémicycle flambant neuf de Strasbourg le 20 juillet 1999. Voir siéger ensemble 626 députés représentant 15 pays à l’époque était émouvant.
D’après-vous qu’est ce qui va changer dans notre vie de tous les jours d’ici les prochaines années par rapport à l’Europe ?
Il est difficile d’être prophète et prétentieux d’être devin. Les décisions de l’Union européenne imprègnent notre vie quotidienne souvent sans qu’on le sache. La meilleure chose qui puisse nous arriver c’est que la paix soit toujours au rendez vous.
Que faisiez-vous en 1989 ?
J’étais député à l’Assemblée Nationale et Maire de Quimper. Je suivais en continu les évènements qui bousculaient le monde : le chute du Mur à Berlin surtout et à la fin de l’année la fuite de Ceaucescu ressemblant à la fuite du Roi à Varennes.
Que faisiez-vous en 1973 lors du premier élargissement de l’Europe ? Avez-vous été marqué par cette étape ? Avez-vous été davantage marqué par l’élargissement en 1981 et 1986 ? en 1995 ? Où sont les limites de l’Europe ?
Je trouvais et trouve normaux les élargissements de l’Union européenne. Tant qu’ils restent dans les limites que je crois sages pour cette union, je les approuve. Ces limites s’arrêtent à la Communauté des Etats Indépendants, au Maghreb, au Machrek et à la Turquie. Même si j’accepte l’ouverture de négociations, je considère un partenariat meilleur qu’une adhésion.
Qu’aimeriez-vous dire à vos enfants dans 50 ans ?
J’aurai 109 ans, ce qui me laisse une chance de dire encore quelque chose à mes enfants. J’espère alors que l’Union européenne aura retrouvé de la vitalité démographique, de la puissance dans la recherche, de l’indépendance énergétique et qu’elle se trouvera à égalité avec les grands ensembles de la planète qui se dessinent aujourd’hui : Russie, USA, Chine, Inde, Brésil. Enfin, je leur dirais : aidez l’Afrique ! C’est le continent qui mérite votre solidarité et notre intérêt bien compris est dans son développement.
22:09 Publié dans INTERVIEW | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Europe
mardi, 14 décembre 2004
Interview de Sylvie GOULARD
Quel est votre parcours et vos fonctions ?
J'ai commencé ma carrière dans la fonction publique française (ministère des affaires étrangères), à ma sortie de l'ENA . Puis j'ai cherché à acquérir une compétence dans le domaine de la réflexion en allant au CERI (Sciences Po) et en enseignant. J'ai ensuite passé trois ans à la Commission, dans le service de prospective du Président.
Comment est né votre intérêt pour l’Europe ?
L'Europe m'a toujours passionnée, par la richesse des contacts qu'elle permet. Construire ensemble, sur la base d'expériences culturelles, linguistiques, politiques, sociales différentes, est une école d'humilité et d'enthousiasme. C'est le suel projet politique motivant et amusant.
Quel est votre premier souvenir européen ?
1) Un toboggan extraordinaire, dans un jardin public à Milan. J'en ai déduit que cela pouvait être vraiment mieux ailleurs.
2) La liste des noms des morts de la paroisse, que je lisais, pendant la messe, quand mon esprit vagabondait. Deux, portant le même patronyme, étaient morts le même jour. Etaient-ce des frères ? J'en ai conçu un dégout viscéral, profond de la guerre et un intérêt jamais démenti pour
l'Allemagne.
D’après-vous qu’est ce qui va changer dans notre vie de tous les jours d’ici les prochaines années par rapport à l’Europe ?
J'espère qu'on nous demandera notre avis sur une décision aussi fondamentale que les élargissements, sinon il y aura une crise majeure.
Que retenez-vous de l'année 1989? le Bicentenaire de la révolution française ou la chute du mur de Berlin?
La chute du mur de Berlin, sans aucun doute. Le premier était une commémoration, parfois réussie mais artificielle, reconstituée. L'autre c'était la vie en marche. Je lisais la presse allemande chaque jour, en parlais sans cesse avec des amis allemands, suivais les manifestations
de Leipzig au jour le jour. Le 9 novembre fut une joie extraordinaire. Et j'ai eu la chance d'être dans l'équipe française qui a négocié le traité 2+4, unifiant l'Allemagne. La précipitation des evènements fut incroyable.
Que faisiez-vous en 1973 lors du premier élargissement de l’Europe ? Avez-vous été marqué par cette étape ?
Mauvaise question qui montre que vous me vieillissez...Je devais être sur le tobbogan précité.
Avez-vous été davantage marqué par l’élargissement en 1981 et 1986 ? en 1995 ?
On est toujours plus marqué par un évènement qu'on relit à des êtres chers. Ayant des amis chers en Autriche, avec lesquels j'ai passé quelques nuits à refaire le monde en général et l'UE en particulier, c'est leur arrivée qui m'a le plus marquée.
Où sont les limites de l’Europe ?
Elles doivent être fixées en fonction de plusieurs facteurs quant aux candidats :
- une conception raisonnée de la géographie, c'est pourquoi j'en exclus la Turquie qui a 3 % de son territoire et 11 % de sa population en Europe ;
- une acceptation de la supranationalité qui hélas, n'est pas mentionnée parmi les critères de Copenhague, d'où mes doutes devant le nationalisme turc ou serbe par exemple. On pourrait même exiger des anciens une piqure de rappel...
- un refus de la corruption ; il y a des problèmes énormes en Bulgarie et Roumanie à cet égard ;
- et enfin seulement, les 3 critères de Copenhague
+ Des conditions liées à l'UE elle-même :
- le 4 ème critère de Copenhague sur le maintien de "l'élan de l'intégration" qui est une jolie formule ;
- l'existence d'institutions fonctionnant ; si l'on devait vivre avec le traité de Nice, ce serait très difficile à 25 ;
- et de fonds suffisants. La politique de MM. Chirac et Schroeder qu'on pourrait qualifier de "stratégique à low cost" est très critiquable.
C'est de l'illusionisme que de prétendre stabiliser la Turquie-comme-on-a-stabilisé-l'Espagne,-la Grèce ou le Portugal, en coupant les crédits.
L’Europe ne doit-elle pas s’étendre le plus possible dans la mesure ou ses valeurs seront respectées ?
Non, absolument pas, pour deux raisons :
1) il ne faut pas confondre universalité des droits de l'homme et intégration européenne ; c'est même porter atteinte à l'universalité que de l'oublier.
2) il y a le Conseil de l'Europe pour cela, avec des valeurs, une convention, des juges pour le faire respecter.
La Turquie peut-elle et doit-elle rentrer dans l’union Européenne ?
Elle n'y a aucun droit. C'est une éventualité que les peuples d'Europe pourraient envisager, souverainement.
En quoi consisterait un partenariat privilégié avec la Turquie ?
D'abord, il y a le socle OTAN + OSCE + Conseil de l'Europe + Union douanière. Ce n'est donc pas l'adhésion ou le chaos.
Ensuite, on peut songer à de multiples coopérations : faire en sorte que l'Union douainère marche ; former des réseaux de transport et d'échanges humains incluant la Turquie, travailler en matière environnement, sur l'eau notamment etc... Le problème c'est de faire entrer la Turquie dans les institutions, Sa proximité et la communauté de nos intérêts sur certains points ne sont en revanche pas contestables.
Qu’aimeriez-vous dire à vos enfants dans 50 ans ?
Plus rien. Soit je serai morte, soit j'aurai atteint un âge où il vaut mieux avoir la sagesse de se taire.
Pour plus d'informations...
Le Grand Turque et la République de Venise
09:15 Publié dans INTERVIEW | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note





Alexis Kryceve est directeur associé d'ALTER ECO (
Commerce d’un principe identique avec les pays du Nord, pourquoi pas, la situation des producteurs de lait ou de vin en France est préoccupante bien sûr. Cependant, attention à la confusion. Les raisons des situations respectives des paysans du Nord et du Sud ne sont pas les mêmes, et le critère n°1 du commerce équitable est de travailler en priorité avec les plus défavorisés. Les producteurs avec lesquels nous travaillons touchent entre 100 et 500 dollars par an, n’ont pas la possibilité de scolariser leurs enfants, n’ont pas accès aux soins, à l’éducation, au marché, ont une espérance de vie de 50-60 ans, n’ont pas de subventions… Parfois les intérêts respectifs des paysans du sud et du nord sont directement en opposition : conservation ou suppression des quotas, des subventions dans les pays du nord. Si on appelait commerce équitable un commerce Nord-Nord, on donnerait de plus la possibilité à des gens peu scrupuleux de faire du commerce équitable en allant chercher des produits pas très loin, et de bénéficier des retombées de ce concept porteur. Du coup, risque de se détourner des producteurs du sud qui sont les plus en difficulté et ont besoin d’un accompagnement et de débouchés à long terme, et donc échec de l’objectif initial.