lundi, 23 janvier 2012

Interview de Laurent Delporte sur MICE Info le blog de la meeting industry

Retrouvez un entretien sur mes activités événementielles sur MICE Info le blog de la meeting industry (cliquez-ici ou sur l'image) ou téléchargez l'interview en PDF (en cliquant-ici).

Coupure presse LOUIS event NH Hotel.jpg

12:53 Écrit par Laurent DELPORTE | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : louis event, laurent delporte, meeting industry, mice, event, blog, interview | |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 30 décembre 2011

Entretien avec Louis Naugès, “Chief Cloud Evangelist” et co-fondateur de Revevol.

images-1.jpegC’est dans les locaux de Revevol, que j'ai rencontré Louis Naugès afin de mieux comprendre les enjeux du Cloud Computing dans le secteur de l’événementiel et de l’hôtellerie.

Je vous invite également à découvrir son blog : http://nauges.typepad.com/

 Qu’est-ce que le Cloud Computing ?

Revevol considère que la décennie 2010-2020 sera la décennie du Cloud Computing. Tous les 10 ans il y a une rupture informatique, en 1990 il y a eu le PC, en 2000 l’internet,  et en 2010, le Cloud Computing.

C’est le même niveau de changement. Le mot clef est l’industrialisation de l’informatique. Une entreprise n’achète plus de logiciel, mais juste un service d’utilisation ; on parle de SaaS, Software as a Service. Le logiciel est “multi-locataire”, ce qui signifie trois choses :

- Il est hébergé sur des serveurs à distance que l’entreprise ne gère pas. - Le même code logiciel est utilisé par plusieurs personnes, plusieurs entreprises en même temps. C’est là, la rupture. L’éditeur n’a qu’une version, c’est la même pour tous et quand il y a une mise à jour tout le monde en bénéficie pour le même prix.

- Toute entreprise petite ou grande dispose au même moment de la meilleure version disponible sur le plan mondial. C’est un grand égalisateur de logiciel. 

Qu’est-ce que le Cloud pourrait apporter à l’univers de l’événementiel ?

Dans le monde de l’événementiel, il existe de nombreuses solutions SaaS sur le marché : on peut citer Amiando (http://fr.amiando.com/) ou Evenium (http://evenium.com/). Aujourd’hui, une société qui organise un événement, peut le gérer avec un site internet disponible en ligne qui permettra par exemple, l’accès à la billetterie en ligne et au formulaire d’inscription à un grand nombre de participants. Cela signifie que l’organisateur de l’événement aura la possibilité de créer et activer son formulaire d’inscription ou sa billetterie en ligne sans aucune connaissance informatique.

Les participants peuvent s’inscrire en ligne, payer leur frais de participation, accéder aux informations de l’événement. Après l’inscription en ligne via le formulaire d’inscription, le participant recevra automatiquement une facture, une confirmation d’inscription telles qu’un billet papier ou un billet électronique. Avec la gestion des participants, l’organisateur de l’événement peut facilement voir et gérer les participants inscrits et les invités. Avec cet outil, l’ensemble des participants et invités peuvent être contactés en cas de changement et/ou nouveautés sur l’événement particulièrement grâce au formulaire d’inscription qui est totalement modulable. De plus, en seulement quelques minutes, l’organisateur de l’événement peut entièrement et très facilement adapter le formulaire d’inscription en fonction des changements inattendus et selon ses exigences. Cela représente un gain de temps et d’argent important pour l’organisateur.

Quels seront les impacts du Cloud dans l’hôtellerie ?

Ce que je constate aujourd’hui, c’est que lorsque l’on veut faire des événements, il est nécessaire de pouvoir disposer de nouvelles technologies fortes, sinon cela marche de moins en moins bien. Il y a des hôtels aujourd’hui qui n’ont rien compris car ils font encore payer le WiFi. Cela est une absurdité totale. J’ai lu une enquête récente aux Etats-Unis qui montrait que dans 60% des cas, le fait qu’il y ait du WiFi gratuit était un critère décisionnel fort pour participer à un événement professionnel. La dimension Hi Tech, cloud computing, le WiFi gratuit, les kiosques de services en ligne peuvent être des éléments clefs pour aider un événement à se différencier.

Pensez-vous que l’équipement disponible pour le client des hôtels devrait évoluer ?

Un exemple pratique : je viens de passer quelques jours à Bucarest, en Roumanie, à l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle filiale pour Revevol. J’étais dans un hôtel 4 étoiles et le WiFi, gratuit évidemment, avait des performances exceptionnelles : 23 Mb/s en descente et 25 Mb/s en montée !

Il faut avant tout du réseau qui fonctionne très vite et très bien. Il faudra très vite proposer du WiFi à la vitesse comprise entre 20 et 100 Mb/s. La vitesse va devenir l’élément clef ; louer aux clients des iPad ou des tablettes Androïd sera un service attendu par les clients, dans les hôtels ou dans les avions, et cela a déjà commencé. Le problème est le réseau. Il faut pouvoir travailler n’importe où dans un hôtel (le restaurant, le bar, la chambre, le hall, les salles de réunion …); cela devient un critère de sélection.

Est-ce que le Cloud computing pourrait-il réduire le nombre de réunions en entreprise grâce à de meilleurs outils ?

Oui, le mot clef est le réseau sans fil. Dès qu’il y a un bon débit (10 mégabits ou un peu plus), le problème de communication ne se pose plus. Par exemple, le web Conferencing à plusieurs marche très bien. Le numéro 1 dans ce domaine est Cisco avec la solution Téléprésence. C’est spectaculaire ! Oui cela peut jouer. Ce qu’il manque, c’est la téléprésence en entrée de gamme car pour le moment c’est encore réservé aux grandes organisations, à cause des coûts d’infrastructures. On commence à voir des hôtels qui au lieu de louer des salles, louent une salle de téléprésence et font payer le service de la communication à l’heure. Pour le moment, le seul problème qui subsiste est l’absence de compatibilité entre les différentes techniques utilisées. Dans une salle de conférence il est possible d’avoir besoin de faire parler une personne qui se trouve à 10 000 km de là au cours d’un événement. La téléprésence fait partie du paysage du Cloud computing, c’est un outil hébergé que l’on n’a pas besoin d’installer.

Y aura t’il toujours des événements à organiser ou tout se fera t-il par ordinateur ?

Oui, il y aura toujours des événements qui réunit des gens. Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un et l’autre. Il y a de la place pour les deux. Le présentiel ne va pas disparaître. A l’intérieur d’une entreprise quand il y a des réunions du comité exécutif qui se réunit une fois tous les 6 mois en présentiel et une fois par mois en vidéo, cela ne me parait pas idiot. Si l’on prend l’exemple des commerciaux d’une société, ils auront eux toujours besoin de se voir physiquement régulièrement.

Pouvez-vous nous prodiguer des conseils pour débuter dans du Cloud Computing dans l’univers événementiel ?

Il faut commencer simple, il y a plein de logiciels raisonnables, économiques et simples d’emploi, que tout le monde peut utiliser. Il faut aussi basculer sa bureautique sur Google Apps, compléter par un CRM pour connaître et gérer ses clients, et, bien sur, un logiciel de gestion d’événements.

18:29 Écrit par Laurent DELPORTE | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : louis event, cloud computing | |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 02 novembre 2011

Interview de Sylvie Seghier sur l'impact de l'événementiel sur le développement durable ?

Sylvie Seghier.pngJe vous invite à découvrir l'interview de Sylvie Seghier sur les questions de développement durable liées au secteur de l'événementiel : 

   - Quels sont les enjeux du développement durable dans l'univers de l'événementiel et de l'organisation des séminaires ?

  - Pouvez-vous nous prodiguer des conseils pour débuter dans le développement durable ?

     - Quelle lecture ou site web pouvez-vous nous conseiller pour aller plus loin 

De formation marketing, son parcours professionnel s’inscrit ces dix dernières années dans des fonctions et responsabilités autour de la Communication, du Développement Durable et de la Qualité au sein de la Direction Générale Internationale de la Compagnie des Wagons-Lits (ex. filiale du Groupe Accor). 

Quels sont les enjeux du développement durable dans l'univers de l'événementiel et de l'organisation des séminaires ?

Par définition, le développement durable s’appuie sur les concepts de durabilité et de prospective alors que dans l’univers de l’événementiel, les réalisations s’inscrivent dans le temporel et l’éphémère. 

Nous avons donc, de fait, une opposition entre les deux thématiques que sont la durabilité, d’une part, et la temporalité, d’autre part.

Alors comment intégrer les enjeux et valeurs du développement durable dans l’événementiel ?

Tout simplement en associant et « matchant » l’ensemble des contraintes et paramètres techniques, matériels, réglementaires, financiers … avec tous les acteurs (entreprises ou particuliers, fournisseurs/prestataires, sous-traitants, invités …) pour que créativité, originalité et réussite riment avec biodiversité, équilibre et développement local…

Ainsi, de manière concrète, en ce qui concerne le lieu, il s’agit de :

    -   choisir un site/un établissement faciles d’accès et à proximité de transports en commun. Les émissions de CO2 des invités ou visiteurs sont ainsi allégées. Le covoiturage est également une solution à proposer ainsi que le déplacement groupé et organisé en bus ou mini-bus …

    -   vérifier la « qualité du bâtiment » - tendance HQE, par exemple -, la gestion de l’énergie (éclairage utilisé, consommations énergétiques …) du site ainsi que les matériaux de fabrication utilisés

    -  louer les éléments de décor, mobilier et sonorisation … les plus écolos, les moins énergivores et les plus proches possibles du lieu de l’événement

    -  réutiliser largement les équipements (mobilier, décor, moquette, éclairage …) et gérer les déchets au travers d’un tri sélectif rapide à mettre en place, simple à réaliser par tout le monde et facile à suivre par la suite pour le recyclage. 

Pour ce qui est de la communication et de l’édition/publication des invitations, plaquettes, affiches, kakemonos…, la limitation au maximum du papier est préconisée (avec toutefois l’utilisation d’un papier éco-labellisé certifié, le choix d’un imprimeur à proximité …) en privilégiant les documents et supports électroniques. Le web, les medias et réseaux sociaux sont d’excellents vecteurs de communication « éco-responsables ».

Le volet alimentaire est quant à lui un enjeu clé. L’objectif est, en effet, de privilégier les produits locaux, de saison, du terroir, bio ou encore issus du commerce équitable et de proposer des plats et menus équilibrés conjuguant forme, plaisir et saveurs gustatives. Le choix d’un traiteur local est également indispensable. 

Les préconisations sont nombreuses – un peu comme une liste à la Prévert – tant les enjeux sont importants en matière de responsabilités environnementale, sociale, sociétale et éthique. Nous pouvons aller très loin et faire toujours mieux … sachant que le « zéro impact » et « zéro défaut » n’existent pas, en tous les cas sans volonté notoire et sans mobilisation effective de toutes les parties prenantes …

Pour finir, la communication au sens large du terme est un enjeu fondamental car elle crée et allie le dialogue, la participation et le partage des connaissances et des informations entre les individus, les peuples et les institutions. Elle prend en compte les besoins et les capacités de tous les acteurs dans le processus de développement et notamment dans celui de l’organisation d’événements et de manifestations.

Pouvez-vous nous prodiguer des conseils pour débuter dans le développement durable ?

Le développement durable est trop souvent et systématiquement associé à l’Environnement alors que l’Homme et l’Economie (la performance économique) en sont les deux autres piliers et composantes. Il en résulte une confusion générale – notamment avec le « greenwashing » et tout le monde s’y perd,  faute d’informations suffisantes et précises sur le sujet. 

Pour débuter une démarche développement durable, il faut se poser les bonnes questions sur ce que l’on veut faire, dans quel(s) but(s), avec qui, comment, où … bref, définir une stratégie et une politique appropriées basées sur la vocation et les activités de l’entreprise ou de l’entité concernée ainsi que sur la stratégie et le développement à termes, les ressources humaines, matérielles et financières, les parties prenantes, les cibles, les résultats financiers…. Ensuite, se fixer des programmes et plans d’actions en matières environnementale (gestion des déchets, éco-conception et analyse de cycle de vie des produits, maîtrise des consommations d’énergie, biodiversité), sociale (relationnel, dialogue, formation, information), sociétale (nutrition, développement local, santé, protection des enfants) éthique et citoyenne avec des objectifs pertinents associés à des outils de pilotage et indicateurs significatifs pour permettre de se positionner, de s’améliorer et de gagner de l’argent. La mobilisation générale est bien sûr de rigueur – du haut vers le bas et vice-versa - car sans volonté et collectif, rien ne bouge ni ne change …

Un exemple de démarche :

1) Définir une stratégie/politique en cohérence avec une expérience métier/secteur activité

2) Mettre en place des actions « green » (bilan carbone, diagnostic énergétique, mode de transport …)

3) Démontrer les gains économiques, sociaux et écolos (indicateurs de suivi, enquête de satisfaction, synthèse des gains internes …)

4) Développer la culture DD au sein de la structure/l’entité (sensibilisation interne, guide de bonnes pratiques, charte pour homogénéiser les discours, certifications ISO et autres…)

5) Développer un dialogue partenarial avec les clients/prestataires/fournisseurs … (lobbying et groupes de travail, solutions innovantes …)

Une autre démarche peut consister à opter d’emblée pour une certification de ses activités localement ou plus largement – en interne ou transversalement ... Les certifications (ISO 14001, 18001, SA8000 ou encore Green Globe, ETHICS 21 …) et guidelines (ISO 26000 …) ne manquent pas en la matière mais il faut encore une fois se concentrer sur la finalité recherchée par rapport à son métier, ses activités, son ou ses marchés, ses clients, sa concurrence …

La certification des événements « responsables » peut être une piste de réflexion également puisque le secteur va bénéficier prochainement d’une norme internationale dédiée en la matière. Baptisé ISO 20-121, ce référentiel relatif aux “systèmes de management événementiel intégrant le développement durable” devrait être publié début 2012 avant les Jeux Olympiques de Londres et sera associé à une démarche de certification.

Ce référentiel s’inspire de la norme anglaise BS 8901, la certification qui prévaut jusqu’à aujourd’hui en la matière. 

Quelle lecture ou site web pouvez-vous nous conseiller pour aller plus loin ?

Le site www.eco-evenement.com est entièrement dédié à la manière de créer et de réaliser des événements et manifestations dans le cadre professionnel ou autres, respectueux de la Nature et de l’Homme. Des éco guides ainsi que des outils de management et d’évaluation présentés sous forme de fiches pratiques donnent de bons conseils pour concevoir, organiser et diriger des événements tendances, éthiques et citoyens.

17:37 Écrit par Laurent DELPORTE | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : louis event, meeting, développement durable, environnement | |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 20 avril 2011

ENTRETIEN AVEC ALEXIS KRYCEVE

Alexis Kryceve est directeur associé d'ALTER ECO (http://www.altereco.com/Bienvenue.php). Voici son témoignage sur le commerce équitable :


Qu'est-ce Alter Eco ? Une ONG, une société ?

Une société anonyme. Des petits investisseurs privés de tous horizons, un fonds éthique de valeurs non cotées (ESFIN participations), et quelques institutionnels (Creagro, Unigrains, Siparex…)


Quelle est ta définition du commerce équitable?

Le commerce équitable est une autre façon de faire du commerce (celle qui aurait toujours du être ?), en réintroduisant l’homme au cœur des échanges. Le but est, grâce à des conditions commerciales avantageuses, de permettre à des communautés de petits producteurs dans les pays du Sud (Tiers Monde) de se développer. Le commerce au service du développement ! Contrairement au commerce conventionnel qui entraîne un appauvrissement des populations du Sud puisque les producteurs vendent à perte. Par exemple, le cours mondial actuel du café est le même que celui de 1973… alors que le coût de la vie et des intrants n’ont cessé de croître pendant ce temps. C’est ce qu’on appelle la détérioration des termes de l’échange…

Nous travaillons en priorité avec les plus défavorisés, dans une approche solidaire et durable. Nous payons un prix juste, au-dessus du prix de revient ! Nous travaillons de la façon la plus directe possible, nous préfinançons les commandes à hauteur d’au moins 50%, nous nous attachons à privilégier des ingrédients et des savoir-faire locaux, des traditions. Nous nous engageons dans la durée, nous travaillons avec des coopératives ou des associations de producteurs organisées de façon transparentes et démocratiques…


Peut-on faire du commerce équitable dans son propre pays? Après tout, en France, il y a aussi des petits producteurs fermiers.

Commerce d’un principe identique avec les pays du Nord, pourquoi pas, la situation des producteurs de lait ou de vin en France est préoccupante bien sûr. Cependant, attention à la confusion. Les raisons des situations respectives des paysans du Nord et du Sud ne sont pas les mêmes, et le critère n°1 du commerce équitable est de travailler en priorité avec les plus défavorisés. Les producteurs avec lesquels nous travaillons touchent entre 100 et 500 dollars par an, n’ont pas la possibilité de scolariser leurs enfants, n’ont pas accès aux soins, à l’éducation, au marché, ont une espérance de vie de 50-60 ans, n’ont pas de subventions… Parfois les intérêts respectifs des paysans du sud et du nord sont directement en opposition : conservation ou suppression des quotas, des subventions dans les pays du nord. Si on appelait commerce équitable un commerce Nord-Nord, on donnerait de plus la possibilité à des gens peu scrupuleux de faire du commerce équitable en allant chercher des produits pas très loin, et de bénéficier des retombées de ce concept porteur. Du coup, risque de se détourner des producteurs du sud qui sont les plus en difficulté et ont besoin d’un accompagnement et de débouchés à long terme, et donc échec de l’objectif initial.

Cependant des initiatives Nord-Nord existent, je les soutiens bien sûr, il s’agit de mouvements citoyens, éthiques à encourager. On parle généralement dans ce cas de commerce solidaire. C’est un autre métier, complémentaire.


En quoi le commerce équitable est au cœur du développement durable ?

Les critères du commerce équitable sont des critères de développement d’ordre économique, social et environnemental. Le but est de mettre en place les conditions d’un développement durable, pérenne des communautés avec lesquelles nous travaillons. De plus, les exemples d’initiatives de développement durable sont souvent principalement environnementaux. Le commerce équitable présente l’intérêt de s’appuyer sur les trois piliers du développement durable, et donc d’être l’illustration la plus complète, la plus poussée et la plus aboutie d’initiative de développement durable.


Pour toi, le développement durable, c'est une utopie, un business, ou une opération de communication pour les grandes entreprises?

Ces choix ne sont pas glorieux… Non, pour moi c’est un domaine assez vaste et non structuré mais ça n’est pas grave. C’est une somme d’initiatives individuelles ou collectives qui doivent permettre de « changer le monde » et « changer notre rapport au monde ». Elles sont toutes à encourager ! Tant qu’on ne « triche » pas. Le développement durable est en train de trouver ses lettres de noblesse et a un avenir prometteur car les acteurs du marché comprennent que c’est une source sans fin de création de valeur, d’emplois… pour les entreprises. Lorsqu’on sort du discours moralisateur « Ce n’est pas bien, il faut changer sinon le ciel va vous tomber sur la tête », mais que l’on dit « Allez-y, innovez, trouvez des solutions alternatives, vous vous différencierez, vous ferez des économies et vous serez plus performants », là, on commence à gagner. Il y a énormément d’exemples. Le bouquin « 80 hommes pour changer le monde » écrit par Mathieu Le Roux est rempli d’illustrations. Il y a aussi la problématique pétrole qui est intéressante avec la flambée des cours. On voit déjà le discours sur les énergies renouvelables évoluer. On passe de « C’est gentil, ce truc, c’est pour les associations militantes et quelques allumés » à un axe qui peut devenir vraiment stratégique. Certaines entreprises, si elles prennent une longueur d’avance dans ce domaine, peuvent vraiment prendre des parts de marché significatives. Idem pour nos produits en magasins. Au début c’était : « C’est quoi ces produits, ça va se vendre comme un cercueil à deux places ». Les mêmes qui tenaient ces propos dans les magasins plébiscitent aujourd’hui les produits à fond et réclament des animations car ils voient que ça marche fort et que les clients sont fidélisés.

21:33 Écrit par Laurent DELPORTE | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage | |  Facebook | |  Imprimer | |

samedi, 01 janvier 2011

Au 53 rue de Tocqueville, Paris 17 !!!

Bonjour,

 

Il y a quelques temps, je vous présentais Alexis KRYCEVE, d'Alter Eco. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter Guillaume HERMITTE, le fondateur de PUERTO CACAO, Atelier de chocolat authentique & équitable. J'ai fait la connaissance de guillaume dans son magasin à l'occasion d'une journée d'étude sur le développement durable.  Je vous invite à découvrir sa boutique pour y savourer un excellent chocolat chaud ou pour offrir en cette fin d'année d'excellents chocolats dans votre entourage.

LD :Quel est ton parcours et comment est né ton projet Puerto Cacao?

75f405aaf88244368a875e598afb0c3f.jpgGH: J'ai aujourd'hui 26 ans, et viens d'obtenir il y a un an mon diplôme de l'ESSEC MBA. Après y avoir passé quelques 5 ans, et fait des stages à l'étranger (Venezuela, Mexique) qui m'ont éveillé sur un certain nombre de réalités sociales inquiétantes, j'ai un jour visité une chocolaterie qui m'a beaucoup inspiré, et qui a fait naître en moi le désir de créer ma propre chocolaterie.

Dès le début, il s'agissait pour moi de mettre en place un concept et des produits encore inconnus en France, mais surtout de mettre en oeuvre une démarche de responsabilité sociale la plus complète possible. Ce qui comprenait notamment le fait de faire du commerce équitable, et d'entrer dans ce cadre en contact direct avec des producteurs de cacao pour être au coeur des problématiques concrètes du commerce équitable.

806bd8b33e6ab3dda8aad5a3600932af.jpgAu retour de ce voyage qui m'a inspiré, en avril 2005, j'ai profité de ma dernière année à l'ESSEC pour préparer l'ouverture de ma première boutique (études de marché, cours d'entrepreneuriat, création d'un business plan, levées de fonds...) et j'ai fini par ouvrir en octobre 2006 (soit 15 jours après le remise de mon diplôme et après 18 mois de préparation) ma boutique : PUERTO CACAO, au 53 rue de Tocqueville, Paris 17.

 

LD: Quel est le regard de vos clients sur votre boutique ? de vos partenaires et de vos fournisseurs?

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GH: Les clients ont un regard très bienveillant et très positif sur notre boutique. D'une part, de nombreux compliments nous ont été faits sur la manière dont nous avions réalisé un grand nombre de choses (décor, fournitures, mise en valeur des produits...), et d'autre part, nombreux sont ceux qui nous affirment que notre concept va marcher, et que l'on travaille déjà très bien. Ce n'est pas complètement, faux, même si la plupart d'entre eux ignorent tout des difficultés que j'éprouve aujourd'hui, 13 mois après l'ouverture, pour faire flotter ma barque.

Nos partenaires financiers et opérationnels les plus proches sont pour la plupart des structures fortement engagées dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (CIGALES, Garrigue, La NEF, La Table de Cana - traiteur d'insertion) et il me semble que toutes portent sur nous un regard optimiste. Mon banquier m'a révélé dernièrement, alors que je cherche à faire financier par crédit du préfinancement de commande pour mes producteurs de cacao (soit du pur BFR et sans garantie - une hérésie pour une banque), que la manière dont les relations se déroulaient entre PUERTO CACAO et ses partenaires financiers avaient permis de tisser une forte relation de confiance. C'est agréable à entendre, et surtout, cela me laisse à penser qu'a priori ils devraient nous prêter cet argent...

LD: Comment êtes-vous  sûr d'être équitable au sein de vos fournisseurs ? J'imagine qu'au sein d'un même village vous devez faire des choix de partenaires. Il y a donc des heureux et des moins heureux...

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GH: Pour la plupart de nos fournisseurs en France, la question ne se pose que très peu dans le mesure ou nous sommes contraint de nous fier aux labels existants, essentiellement Max Havelaar.

Pour nos producteurs de cacao, nous sommes en plein dans cette problématique dans la mesure ou notre croissance va entrainer une augmentation nécessaire du nombre de participants au sein de la structure locale d'exportation de cacao. Et les critères d'acceptation de nouveaux entrants vont être délicats à peser. La confiance en la personne constitue le premiere de ces critères. La fiabilité de la personne est essentielle. De même que la qualité de son travail. Puis viennent ensuite le niveau de ses ressources des personnes, (bien que dans la zone du Venezuela avec laquelle nous travaillons il n'existe que des micro producteurs morcelés et avec très peu de ressources, ce qui en fait un critère peu discriminant) ainsi que son désir de rejoindre une structure nouvelle ou la transparence est exigée.

La présence d'une structure tierse, à but non lucratif, qui joue à la fois le rôle de contrôleur du respect des obligations des producteurs envers moi, mais aussi le rôle de coordinateur des projets de développement, me permet d'avoir plus de certitudes quant à "l'équitabilité" de nos relations.

En quoi le commerce équitable est au cœur du développement durable ?

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Le commerce équitable est une forme de commerce qui valorise la place de l'homme au sein des échanges commerciaux, s'appuie sur des mécanismes de coopération et d'accompagnement étroit avec des producteurs défavorisés de PED, et s'évertue à aller au delà d'un certain nombre de contraintes géographiques, éducatives, matérielles... tout en cherchant à respecter des mécanismes simples de l'économie de marché, à savoir compétitivité finale des prix, effort sur la qualité des produits... Par ailleurs, au delà du travail de développement social qui est mené avec les producteurs en question, les question environnementales sont aussi très souvent au coeur des problématiques de commerce équitable.

Parce qu'il s'appuie sur ces trois piliers, que sont l'économie, l'humain et l'environnement, il est un outil fondamental de la démarche globale de développement durable.

Quelle est ta définition du commerce équitable?

e3287b681adfcb30349a5af6f88f1b43.pngJ'ai essayé d'en donner des traits ci dessus mais en une phrase, "le commerce équitable est un partenariat économique, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont le but est de commercialiser des produits à la qualité croissante, et dans une perspective d'une plus grande équité dans les échanges commerciaux".

Pour toi, le développement durable, c'est une utopie, un business, ou une opération de communication pour les grandes entreprises?

Ça dépend des jours :-)

Au fond de moi, c'est une philosophie de vie (une hygiène de vie presque) qui, par un grand nombre de gestes simples, nous permettrait de générer un développement économique et social plus harmonieux et plus soucieux de la planète. Et j'insiste sur la notion de "geste simple", que ce soit ne tant que particulier, ou bien en tant que professionnel, maillon d'une structure plus importante, qui reste dans une optique de faire du business. ET d'ailleurs, pour les entreprises, je suis persuadé que le développement durable, plus qu'une contrainte, finira par être une véritable source d'opportunité commerciales.

Dans les fait, je ne peux pas m'empêcher de voir que c'est une très belle opération de comm pour les grandes entreprises. Et dans le cas de certaines, cela m'énerve profondément.

Et dans mes jours tristes (lorsque je n'ai pas mangé assez de chocolat), je me dis que c'est une utopie, qui se trouve bien loin des préoccupation bien terre à terre de tout un chacun, comme la sécurité ou la propriété matérielle.

11:50 Écrit par Laurent DELPORTE | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook | |  Imprimer | |