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vendredi, 21 décembre 2007

Au 53 rue de Tocqueville, Paris 17 !!!

Bonjour,

 

Il y a quelques temps, je vous présentais Alexis KRYCEVE, d'Alter Eco. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous présenter Guillaume HERMITTE, le fondateur de PUERTO CACAO, Atelier de chocolat authentique & équitable. J'ai fait la connaissance de guillaume dans son magasin à l'occasion d'une journée d'étude sur le développement durable.  Je vous invite à découvrir sa boutique pour y savourer un excellent chocolat chaud ou pour offrir en cette fin d'année d'excellents chocolats dans votre entourage.

LD :Quel est ton parcours et comment est né ton projet Puerto Cacao?

75f405aaf88244368a875e598afb0c3f.jpgGH: J'ai aujourd'hui 26 ans, et viens d'obtenir il y a un an mon diplôme de l'ESSEC MBA. Après y avoir passé quelques 5 ans, et fait des stages à l'étranger (Venezuela, Mexique) qui m'ont éveillé sur un certain nombre de réalités sociales inquiétantes, j'ai un jour visité une chocolaterie qui m'a beaucoup inspiré, et qui a fait naître en moi le désir de créer ma propre chocolaterie.

Dès le début, il s'agissait pour moi de mettre en place un concept et des produits encore inconnus en France, mais surtout de mettre en oeuvre une démarche de responsabilité sociale la plus complète possible. Ce qui comprenait notamment le fait de faire du commerce équitable, et d'entrer dans ce cadre en contact direct avec des producteurs de cacao pour être au coeur des problématiques concrètes du commerce équitable.

806bd8b33e6ab3dda8aad5a3600932af.jpgAu retour de ce voyage qui m'a inspiré, en avril 2005, j'ai profité de ma dernière année à l'ESSEC pour préparer l'ouverture de ma première boutique (études de marché, cours d'entrepreneuriat, création d'un business plan, levées de fonds...) et j'ai fini par ouvrir en octobre 2006 (soit 15 jours après le remise de mon diplôme et après 18 mois de préparation) ma boutique : PUERTO CACAO, au 53 rue de Tocqueville, Paris 17.

 

LD: Quel est le regard de vos clients sur votre boutique ? de vos partenaires et de vos fournisseurs?

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GH: Les clients ont un regard très bienveillant et très positif sur notre boutique. D'une part, de nombreux compliments nous ont été faits sur la manière dont nous avions réalisé un grand nombre de choses (décor, fournitures, mise en valeur des produits...), et d'autre part, nombreux sont ceux qui nous affirment que notre concept va marcher, et que l'on travaille déjà très bien. Ce n'est pas complètement, faux, même si la plupart d'entre eux ignorent tout des difficultés que j'éprouve aujourd'hui, 13 mois après l'ouverture, pour faire flotter ma barque.

Nos partenaires financiers et opérationnels les plus proches sont pour la plupart des structures fortement engagées dans le secteur de l'économie sociale et solidaire (CIGALES, Garrigue, La NEF, La Table de Cana - traiteur d'insertion) et il me semble que toutes portent sur nous un regard optimiste. Mon banquier m'a révélé dernièrement, alors que je cherche à faire financier par crédit du préfinancement de commande pour mes producteurs de cacao (soit du pur BFR et sans garantie - une hérésie pour une banque), que la manière dont les relations se déroulaient entre PUERTO CACAO et ses partenaires financiers avaient permis de tisser une forte relation de confiance. C'est agréable à entendre, et surtout, cela me laisse à penser qu'a priori ils devraient nous prêter cet argent...

LD: Comment êtes-vous  sûr d'être équitable au sein de vos fournisseurs ? J'imagine qu'au sein d'un même village vous devez faire des choix de partenaires. Il y a donc des heureux et des moins heureux...

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GH: Pour la plupart de nos fournisseurs en France, la question ne se pose que très peu dans le mesure ou nous sommes contraint de nous fier aux labels existants, essentiellement Max Havelaar.

Pour nos producteurs de cacao, nous sommes en plein dans cette problématique dans la mesure ou notre croissance va entrainer une augmentation nécessaire du nombre de participants au sein de la structure locale d'exportation de cacao. Et les critères d'acceptation de nouveaux entrants vont être délicats à peser. La confiance en la personne constitue le premiere de ces critères. La fiabilité de la personne est essentielle. De même que la qualité de son travail. Puis viennent ensuite le niveau de ses ressources des personnes, (bien que dans la zone du Venezuela avec laquelle nous travaillons il n'existe que des micro producteurs morcelés et avec très peu de ressources, ce qui en fait un critère peu discriminant) ainsi que son désir de rejoindre une structure nouvelle ou la transparence est exigée.

La présence d'une structure tierse, à but non lucratif, qui joue à la fois le rôle de contrôleur du respect des obligations des producteurs envers moi, mais aussi le rôle de coordinateur des projets de développement, me permet d'avoir plus de certitudes quant à "l'équitabilité" de nos relations.

En quoi le commerce équitable est au cœur du développement durable ?

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Le commerce équitable est une forme de commerce qui valorise la place de l'homme au sein des échanges commerciaux, s'appuie sur des mécanismes de coopération et d'accompagnement étroit avec des producteurs défavorisés de PED, et s'évertue à aller au delà d'un certain nombre de contraintes géographiques, éducatives, matérielles... tout en cherchant à respecter des mécanismes simples de l'économie de marché, à savoir compétitivité finale des prix, effort sur la qualité des produits... Par ailleurs, au delà du travail de développement social qui est mené avec les producteurs en question, les question environnementales sont aussi très souvent au coeur des problématiques de commerce équitable.

Parce qu'il s'appuie sur ces trois piliers, que sont l'économie, l'humain et l'environnement, il est un outil fondamental de la démarche globale de développement durable.

Quelle est ta définition du commerce équitable?

e3287b681adfcb30349a5af6f88f1b43.pngJ'ai essayé d'en donner des traits ci dessus mais en une phrase, "le commerce équitable est un partenariat économique, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont le but est de commercialiser des produits à la qualité croissante, et dans une perspective d'une plus grande équité dans les échanges commerciaux".

Pour toi, le développement durable, c'est une utopie, un business, ou une opération de communication pour les grandes entreprises?

Ça dépend des jours :-)

Au fond de moi, c'est une philosophie de vie (une hygiène de vie presque) qui, par un grand nombre de gestes simples, nous permettrait de générer un développement économique et social plus harmonieux et plus soucieux de la planète. Et j'insiste sur la notion de "geste simple", que ce soit ne tant que particulier, ou bien en tant que professionnel, maillon d'une structure plus importante, qui reste dans une optique de faire du business. ET d'ailleurs, pour les entreprises, je suis persuadé que le développement durable, plus qu'une contrainte, finira par être une véritable source d'opportunité commerciales.

Dans les fait, je ne peux pas m'empêcher de voir que c'est une très belle opération de comm pour les grandes entreprises. Et dans le cas de certaines, cela m'énerve profondément.

Et dans mes jours tristes (lorsque je n'ai pas mangé assez de chocolat), je me dis que c'est une utopie, qui se trouve bien loin des préoccupation bien terre à terre de tout un chacun, comme la sécurité ou la propriété matérielle.

01:52 Publié dans INTERVIEW | Lien permanent | Envoyer cette note