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mercredi, 19 janvier 2005

Le Parlement européen dit OUI à la Constitution européenne

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VOTE DES DEPUTES 12/01/05
LE PARLEMENT EUROPEEN APPROUVE LE TRAITE CONSTITUTIONNEL



Les députés européens ont approuvé, mercredi 12 janvier à Strasbourg, par 500 voix pour, 137 voix contre et 40 abstentions, un rapport parlementaire qui "préconise sans réserve la ratification" du texte.

"C'est un résultat qui dépasse de beaucoup les espoirs que nous avions. Le Parlement européen, en tant qu'institution, s'est prononcé aujourd'hui et s'engage de façon très claire" en faveur du document, a commenté Josep Borrell (L'Est Républicain, 13/01).

Pour Arte Info, c'est "un résultat sans surprise, car l'Europe s'est longtemps battue pour aboutir à un texte fédérateur".



LES PARTISANS DU "OUI"

"Les résultats du vote sont un signal encourageant pour tous ceux qui attendent dans l’Union européenne la ratification d’une Constitution dont l’objectif est de rendre l’Europe plus simple, plus efficace et plus démocratique", a déclaré Valéry Giscard d'estaing à l'annonce des résultats. "L’Union européenne est en marche. C’est une grande joie pour tous ceux qui ont travaillé pour son élaboration." (Paris,12/01)

Un des auteurs du rapport, le député espagnol de centre droit Iňigo Mendez de Vigo, a lui aussi qualifié le vote de "point de départ" du processus de ratification.

Pour Richard Corbett, le socialiste britannique coauteur du rapport, l'appui du Parlement démontre que, pour l'assemblée, la Constitution est une amélioration majeure par rapport aux traités actuels. Il a qualifié le vote d'encourageant, le Parlement étant constitué de représentants de tous les principaux partis politiques de l'UE.
A. Vogel évoque quant à lui un signal politique "très fort" en direction des opinions : ce vote marque "le coup d'envoi de la campagne européenne en faveur de cette constitution, qui s'affiche désormais en toutes lettres et en 20 langues sur l'immense façade vitrée du Parlement, au dessus de l'eau, comme un message directement adressé aux citoyens". (France Culture, France Info, RFI, France Bleu, 12/01)

Reste à savoir si la réalité de Strasbourg est aujourd'hui celle de Paris ou de Londres. "A chaque jour suffit sa peine", résume Josep Borrell, conscient des incertitudes qui pèsent sur l'issue des référendums promis en France et en Grande-Bretagne, étapes majeures pour une adoption définitive du traité.

Vu qu'il reste vingt-trois ratifications à surmonter, il convient, à ce stade, de replacer le vote du Parlement dans son juste contexte : il ne s'agit jamais que d'un tout petit pas pour la Constitution." (EIS, 14/01)

"L'évocation du référendum sur le traité de Maastricht nous rappelle qu'une confortable avance du oui en début de campagne peut fondre comme neige au soleil", rappelle le journaliste Bruno Dive dans son éditorial. (Sud Ouest, 13/01)

Dans un entretien au quotidien Midi Libre (13/01), Josep Borrell explique qu' "un vote unique aurait été plus symbolique", mais cela aurait été "trop complexe à organiser". Si les 25 ne ratifient pas, "les chefs de gouvernements devront chercher une solution. Il n'y a pas de plan B, mais une réelle volonté de trouver des solutions".



LES PARTISANS DU "NON"

Les opposants se trouvent principalement chez les eurosceptiques de droite (les souverainistes et l'extrême droite ainsi que la majorité des conservateurs britanniques) et les communistes.

De plus, les députés de trois pays de l'Union sont très opposés à l'adoption du texte et représentent une véritable inquiétude pour les "pro-Constitution". Les trois Etats membres qui mènent le front du refus sont la Pologne, la République Tchèque et le Royaume-Uni :

- 34 députés polonais ont voté contre ou se sont abstenus, sur un total de 53 ;
- 15 députés tchèques ont voté contre, 7 pour ;
- 40 députés britanniques ont voté contre, 29 pour.

"C'est donc dans ces trois pays que risque de se jouer le sort de la Constitution, alors que deux d'entre eux - le Royaume-uni et la Pologne - ont choisi d'organiser un référendum et que la non-ratification par un seul Etat membre empêcherait la Constitution d'entrer en vigueur." (Les Echos, 13/01)

Les adversaires les plus résolus du texte ont manifesté brièvement leur mécontentement à l'issue du scrutin, en brandissant des pancartes dans l'hémicycle clamant leur "non" au projet de traité. Des parlementaires des nouveaux pays de l'Union ont agité un drapeau rouge orné des portraits de Lénine et de Karl Marx, aux cris de "Bruxelles-Moscou" ou encore en chantant l'Internationale (L'Est Républicain, 13/01).

Ainsi, les opposants au texte constitutionnel se trouvent parmi les élus du groupe Indépendance et démocratie, représenté par Philippe de Villiers, parmi l'extrême droite des non-inscrits, emmenée par le Front national et une descendante de Mussolini, une poignée de Verts, des conservateurs du PPE, guidés par les eurosceptiques britanniques et le groupe de la Gauche Unitaire Européenne.

S.-Y. Kaufmann est d'ailleurs une des rares députées de la gauche unitaire européenne à avoir voté pour le texte constitutionnel. Témoignant dans "L'Europe au quotidien", elle explique que le texte, dont elle n'approuve pas tous les articles, constitue un socle de valeurs. (France Info 16/01)

Françoise Grossetête, vice-présidente du PPE en conclut que "cette constitution n'est ni de droite ni de gauche puisque ce sont les extrêmes qui la rejettent". (La Provence, 13/01)

L'eurodéputé souverainiste Paul-Marie Coûteaux a, quant à lui, pesté contre les dépenses consacrées au logo peint sur les façades du bâtiment strasbourgeois "une Constitution pour l'Europe" en précisant que "le Parlement s'est comporté comme une officine de propagande au service du 'oui'". (Le Figaro, 13/01)



Le cas des eurodéputés français

Côté français, on enregistre 49 oui, 11 non et 9 abstentions.

Les votes des députés français reflètent l'engagement des principaux partis en faveur de la Constitution européenne : la quasi-totalité des élus UMP (14), UDF (11), des Verts (6) et des socialistes (18) ont voté "oui". Seuls quelques-uns se sont abstenus (9 socialistes), notamment les eurodéputés socialistes proches de Laurent Fabius, comme Pervenche Berès, André Laignel et Vinvent Peillon (Les Echos, 13/01). Les "non" français sont exprimés par le Front national (7), le Mouvement pour la France (2) et les communistes (2) (Le Monde, 14/01).


Sources : Bureau d'informations du Parlement Européen de Paris

13:54 Publié dans CONSTITUTION EUROPEENNE | Lien permanent | Envoyer cette note

Commentaires

J'aurais aimé que dans votre article on aborde un autre problème que celui des "OUI" ou des "NON" à la Constitution. Que l'on soit pour ou contre le projet constitutionnel, cette résolution du Parlement met en danger notre démocratie : depuis quand le citoyen n'est plus la source des décisions mais celui à qui on indique le "bon" chemin?
Si vous pouviez me répondre sur mon e-mail, je vous en remercierai...

Ecrit par : Tognolli | jeudi, 27 janvier 2005