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mercredi, 06 octobre 2004
L'élargissement de l'Union Européenne : Turquie

Le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, a présenté mercredi 6 octobre au Parlement européen le Rapport sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne, qui avait été demandé par le Conseil Européen de Copenhague en décembre 2002.
Dans la perspective de l'adhésion de la Turquie, l'objectif de la Commission était de dresser un rapport sur le respect par ce pays des critères dits "de Copenhague", et de formuler une recommandation pour le Conseil européen. Pour entrer dans l'Union, un pays candidat doit en effet satisfaire à certaines exigences politiques telles la présence d'institutions stables garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l'Homme, le respect des minorités et leur protection.
Romano Prodi a rappelé qu'il appartenait en dernier recours au Conseil européen lui-même de statuer sur le respect des critères et sur l'ouverture des négociations avec la Turquie.
Je t'invite à découvrir les recommandation de la Commission européenne concernant les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l'adhésion
recommendation_turquie_commission.pdf
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Commentaires
Merci pour cet article
Je voudrais expliquer les critères de Copenhague.
Le Conseil européen réuni à Copenhague en juin 1993 a défini les critères auxquels les pays candidats à l'entrée dans l'UE doivent satisfaire avant leur adhésion.
Le critère politique : la présence d'institutions stables garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de l'homme, le respect des minorités et leur protection.
Le critère économique : l'existence d'une économie de marché viable ainsi que la capacité de faire face à la pression concurrentielle et aux forces du marché à l'intérieur de l'Union.
Le critère de la reprise de l'acquis communautaire : la capacité du pays candida de souscrire aux objectifs de l'Union politique, économique et monétaire.
Pierre
Ecrit par : Pierre | mercredi, 20 octobre 2004
Un bon livre sur ce sujet qui sera tres bientot d'actualite encore une fois. Il vient d'etre publie en France.
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LETTRES AUX TURCO-SCEPTIQUES
La Turquie et l'Union Européenne
Actes Sud
Essais, documents
sous la direction de Cengik Aktar préface d'Edgar Morin
novembre 2004 / 11,5 x 21,7 / 208 pages
ISBN 2742752617 / AS1288
prix indicatif : 22 euros
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2742752617/qid=1101723241/sr=1-1/ref=sr_1_16_1/171-6358293-2805016
ou http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?OrderInSession=1&Mn=1&SID=8455cbd8-c26f-4ca6-8861-ae536be66982&TTL=301120041114&Origin=FnacFR&PRID=1599107&Ra=-1&To=0Ν=1&UID=09a2c52f5-2e9b-b5c9-b324-e4ca53c216fc&Fr=0
La Turquie est-elle européenne ?
Un vrai faux débat ! La Turquie est en devenir européen depuis plus de deux siècles. L'élargissement de l'Union européenne à ce pays est une nouvelle étape décisive. En fait, l'aptitude de la Turquie à devenir pleinement européenne est un défi lancé tout autant à celle-ci qu'à l'Europe.
N'est-ce pas à travers sa capacité à composer avec la Turquie que les valeurs universelles défendues par l'Europe se verront légitimées à l'échelle planétaire à l'aube du nouveau siècle ?
Huit intellectuels turcs prennent du recul par rapport au débat passionnel sur ce qu'il faut bien appeler "la question turque" en apportant des réponses claires et précises d'ordre historique, sociologique, politique et économique aux idées reçues sur la Turquie. Leurs contributions cherchent à aider à la compréhension d'une réalité complexe afin que le lecteur, tout comme le décideur politique, puisse se faire une opinion en confrontant les thèses ici développées et celles avancées par les adversaires de la perspective d'une Turquie européenne. Les auteurs exposent les multiples raisons pour lesquelles la Turquie a pleinement sa place dans l'Union européenne et expliquent qu'une Turquie européenne, loin de devenir un fardeau, sera tout au contraire bénéfique à l'Europe. Mais à une Europe qui serait davantage une idée et un ensemble de valeurs ayant fait leurs preuves depuis un demi-siècle qu'une entité aux contours immuables. A une Europe se prévalant tout autant de ses racines que de son épanouissement, de son rayonnement.
Les contributions sont complétées par une chronologie des relations entre l'Union européenne et la Turquie, qui datent de... juillet 1959, et par un récapitulatif exhaustif des réformes politiques réalisées depuis 2001. C. A.
Au sommaire de l'ouvrage : Asaf Savas Akat, Cenzig Aktar, Nilüfer Göle, Rauf Gönenç, Ali Kazancigil, Ural Manço, Edgar Morin, Handan Soguk et Levent Yilmaz.
Extrait
La Turquie est européenne
par Edgar Morin
Qu’est-ce que l’Europe ?
On tend parfois à confondre l’Europe avec ce qu’elle fut au Moyen Age. Le grand paradoxe, c’est l’Europe chrétienne, car originellement le christianisme n’est pas européen. C’est une religion du Moyen-Orient, qui s’est répandue d’abord dans tout l’Empire romain, empire méditerranéen.
Ce n’est qu’à terme que les barbares ont été convertis au christianisme, en Europe du Nord. Cette identité chrétienne n’était pas seulement celle de l’Europe occidentale mais aussi celle de l’Europe centrale et orientale. En ce qui concerne l’Europe de l’Ouest, l’identité chrétienne a progressivement cessé d’être dominante et hégémonique, à cause du phénomène historique très important et multidimensionnel que fut la Renaissance.
Que signifie la Renaissance ? La Renaissance fit que cette sorte de grand monolithe qu’était la théologie chrétienne s’est fissuré grâce à la redécouverte de l’apport grec. L’apport grec consiste en l’idée que ce sont les citoyens qui décident du sort de la cité, ce qui est une rupture avec l’idée religieuse. Athéna protège la ville, mais elle n’intervient pas dans le gouvernement. La pensée humaine et la raison humaine n’ont pas besoin du secours de Dieu et de la théologie ; elles peuvent critiquer la religion.
L’humanisme européen n’a pas seulement une source biblique ou biblico-chrétienne, c’est-à-dire l’idée d’un Dieu qui fait l’homme à son image. Il a aussi une source grecque profonde, selon laquelle les êtres humains ont des aptitudes pour se gouverner et se comprendre les uns les autres. Déjà le poète Térence (190-159 av. J.-C.) disait : “Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger.” Il y a un humanisme européen postchrétien, qui définit l’Europe contemporaine. Toute tentative de définir l’Europe uniquement à partir de sa base chrétienne est une
réduction abusive, d’autant plus qu’au Moyen Age l’apport du monde arabe a été très important dans les connaissances mathématiques, scientifiques et philosophiques. On peut aussi dire que l’apport juif, y compris à travers l’apport de ceux qu’on appelle les “marranes”, comme Spinoza ou Montaigne, est très important, parce qu’il a introduit le scepticisme. La culture et l’identité européennes se fondent sur des influences croisées et des métissages. Pour prendre un exemple historique, dans les Balkans, lors de la fameuse bataille du champ des Merles, au Kosovo, au XIVe siècle, où les Ottomans ont battu les Serbes, il y avait des chrétiens dans l’armée ottomane et des Turcs dans l’armée serbe. La forme d’opposition absolument tranchée entre les chrétiens et les musulmans, qui nous est aujourd’hui présentée comme une évidence, n’existait pas alors.
Tout ceci nous amène à avoir une idée vraiment complexe de l’Europe. Celle-ci n’est pas une notion géographique, stricto sensu, mais une notion civilisationnelle, qui est partie de l’ouest et s’est étendue vers l’est.
L’Europe ne peut pas être réduite au christianisme. C’est surtout la libre pensée qui définit l’Europe. L’Union européenne est née avec l’idée qu’il fallait que les nations qui la forment soient démocratiques (à nouveau l’héritage grec) et sécularisées.
Donc, au point où nous en sommes, il y a une identité historique et une identité démocratique qui rendent la Turquie très proche de l’Europe.
Reste la question géographique, dont j’ai déjà parlé ci-dessus. Dans mon livre Penser l’Europe, je dis que l’Europe est une notion qui a des frontières maritimes très nettes à l’ouest. En revanche, à l’est elles sont plus floues.
La Russie est évidemment culturellement européenne, mais elle s’étend jusqu’à Vladivostok, sur le Pacifique. Des nations du Caucase, à commencer par la Géorgie, sont méditerranéo-européennes. Comme je l’ai déjà souligné, l’Europe est une notion culturelle. A partir de la Renaissance en Europe, la théologie médiévale éclate, des Etats nationaux se constituent, le commerce et le capitalisme se développent, la science moderne émerge, la philosophie moderne prend son essor. Tous ces phénomènes liés à la modernité sont allés d’ouest en est. Par exemple, le servage n’a été aboli en Autriche et en Hongrie qu’au XVIIIe siècle, et en Russie tsariste à la fin du XIXe siècle. La modernité a également commencé à pénétrer l’Empire ottoman au début du XIXe siècle.
L’européanité de la Turquie : repères historiques
Il y a une considération historique qui me semble capitale au sujet de la Turquie. On oublie en Europe de l’Ouest que l’Empire ottoman fut une puissance européenne dès le XIVe siècle. Sous le règne du sultan Murat Ier, il occupe déjà toute une partie des Balkans. Cette puissance européenne s’est accomplie et développée après la prise de Constantinople en 1453.
Les Ottomans sont même arrivés aux portes de Vienne et l’Empire est resté européen jusqu’à son effondrement et à la naissance de la Turquie moderne, au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Cet empire européen va laisser sa marque, notamment à travers la tolérance religieuse vis-à-vis des populations chrétiennes et juives. Il n’y avait pas de caractère proprement racial ou ethnique dans le gouvernement de
l’Empire, puisque à Istanbul un grand nombre de ministres et de conseillers étaient d’origine chrétienne et parfois juive.
Je pense à cet égard au beau roman d’Ivo Andric Le Pont sur la Drina, qui narre l’édification de ce pont par la volonté d’un grand vizir qui y était né. Devenu un grand dignitaire
de l’Empire, il avait voulu en faire cadeau à la ville de son enfance. Il y avait parmi les populations une osmose très profonde. Une ville comme Sarajevo était le signe d’une coexistence, unique en Europe, entre des gens de nations, d’ethnies et de religions différentes. En dépit des périodes de crise et de violence, il y a eu une administration qui s’est montrée supérieure, je crois, à celle des autres grands ensembles (comme l’Empire tsariste ou l’Empire austro-hongrois). L’Empire ottoman fut une très grande puissance européenne. Il a commencé à se démanteler au moment des nationalismes, au XIXe siècle. Comme souvent, c’est au moment où il a essayé de trouver une formule nouvelle, une formule confédérative, visant à donner
l’égalité à tous ses ressortissants, que la crise a précipité sa fin.
Cet effondrement n’était pas dû principalement à la réforme, mais au fait que la poussée nationale (grecque, serbe, bulgare, etc.) était très forte et que l’impérialisme des nations occidentales avait déjà considérablement
ébranlé l’Empire ottoman. Il y a eu une ultime tentative pour créer une grande citoyenneté ottomane, un grand Parlement multinational, au moment de la révolution des jeunes-turcs, en 1908.
Cette volonté réformiste des jeunes-turcs a tourné court. Elle a débouché finalement sur le nationalisme turc alors que l’Empire se disloquait. Il faut remarquer que les autres grands empires en Europe, qui auraient pu se transformer en confédérations, ont également échoué, comme l’Autriche-Hongrie qui s’est effondrée après la Première Guerre mondiale et l’Empire russe qui a éclaté au moment de la réforme, sous des poussées diverses, du fait d’une crise économique énorme.
Tout ceci pour dire qu’aujourd’hui seule l’Union européenne porte cette nécessité humaine d’arriver à des formules d’union et d’association entre peuples d’origines nationale et religieuse différentes. L’Europe est l’héritière de toutes les tentatives fédératives qui ont été faites jusqu’à présent. Et la place de la Turquie est en Europe, pour des raisons historiques absolument évidentes.
Le sentiment d’une vocation européenne est très profitable pour la Turquie, qui a sa racine européenne forte, à côté de sa racine asiatique également forte. Sa vocation européenne la pousse vers la démocratie et vers la liberté, tandis que sa vocation asiatique la pousse, au contraire, vers des particularismes, voire vers des régressions sociales et politiques.
Mais la Turquie a bénéficié d’autres apports dans le passé. Ainsi, parmi les artisans de la laïcité turque, il y avait les dönme (convertis). Il s’agissait de juifs de l’Empire ottoman, disciples du messie Sabbatai Tsevi au XVIIe siècle, qui était du reste un très grand esprit, même s’il fut condamné par le rabbinat. Comme Sabbatai Tsevi s’était converti à l’islam, sans doute contraint et forcé, un certain nombre de ses disciples sont devenus musulmans et turcs. Ils ont changé de nom et vécu avec une double identité, une identité secrète de disciples de Sabbatai Tsevi et une identité ostensible, qui était celle d’un Turc normal. Mais, à partir du XIXe siècle, ces dönmes se laïcisent rapidement, ils envoient leurs enfants étudier en Suisse ou en France. Ils jouent un rôle important dans la modernisation de l’Empire.
Ce n’est pas par hasard que la ville de Salonique, où il y avait une grande communauté juive, fut très importante dans l’émergence du mouvement des jeunes-turcs, à la fin du XIXe siècle. Une autre grande influence fut celle de l’Empire byzantin sur les institutions ottomanes, notamment en matière de relations entre la politique et la religion.
Comme dans Byzance, chez les Ottomans ces relations étaient césaropapistes, l’Etat contrôlant la religion.
La Turquie a introduit la laïcité et l’alphabet latin à l’époque de Kemal Atatürk, dans les années 1930. La démocratie s’est installée graduellement en Turquie, à partir de 1946. Il y a encore des restrictions démocratiques, qui sont liées en partie à la question kurde. Mais la Turquie continue sa démocratisation. Une vieille démocratie comme l’Angleterre s’est montrée d’une très grande brutalité sur la question irlandaise ; il y a la question basque en Espagne. La France démocratique a pratiqué la torture en Algérie, malheureusement, et maintenant les Etats-Unis démocratiques le font en Irak.
Il ne s’agit pas d’accidents, de cas marginaux. La Turquie n’est donc pas le seul cas en Occident, mais elle doit résoudre ce problème de terrorisme d’Etat et de terrorisme de résistance, dans le cadre de l’Etat de droit.
Elle a d’ailleurs commencé à le faire, à travers les réformes entreprises en vue des négociations avec l’Union européenne, depuis 2001.
L’Europe face à la Turquie : intégrer ou rejeter ?
On a vu que la Turquie est déjà en Europe, de par son histoire et sa volonté de se conformer aux valeurs laïques et démocratiques européennes, alors que la notion d’Europe est moins géographique que civilisationnelle.
Pourtant, l’ouverture des négociations en vue de l’adhésion de ce pays, qui dureront de longues années, suscite des débats et des oppositions passionnés.
Il y a sans doute deux facteurs qui expliquent cela. Le premier est incontestablement une ignorance : le mot “turc” évoque plus une étrangeté historique que finalement cette communauté historique entre les Turcs et les Européens.
Pourquoi ? Parce qu’on a essentiellement retenu de l’histoire la bataille de Lépante et l’arrivée des Turcs aux portes de Vienne. Notre historiographie a extériorisé la Turquie, alors qu’elle était européenne, de plein droit, depuis des siècles. Le deuxième facteur est une tentative, dans les partis chrétiens-démocrates de plusieurs pays européens et dans ceux de droite en France, de même qu’au Vatican, de sauvegarder et conforter le mythe de l’identification de l’Europe au christianisme, en refoulant la Turquie. Il s’agit d’une résistance réactionnaire, liée sans doute à une conception fausse de l’Europe. Ceux qui adhèrent à cette position veulent ignorer que c’est à partir de la Renaissance que se créent l’Europe et une civilisation européenne, avec la science et la technique modernes, le capitalisme, le socialisme, le libéralisme et la démocratie. Le bouillon de culture européen s’est déclenché à partir de cette époque, même si cette histoire a aussi eu une face terriblement violente, à travers d’innombrables guerres. A cet égard, ce qui est très intéressant est ce qu’on appelle le “concert européen” au XIXe siècle, destiné à empêcher qu’une puissance ne devienne hégémonique en Europe, toutes les autres s’unissant plus ou moins pour l’en dissuader. Les pays européens ont toujours refusé l’idée d’une Europe unie par l’hégémonie et ont lutté contre elle par tous les moyens.
C’est pourquoi François Ier s’est allié avec Soliman le Magnifique au XVIe siècle, ce qui fit scandale à l’époque. Cette alliance franco-turque contre l’empire des Habsbourg a été très importante. Le concert européen a finalement échoué pendant la Première et surtout la Seconde Guerre mondiale, où l’hégémonie nazie a été détruite de l’extérieur, grâce aux Etats-Unis et à l’Union soviétique. C’est de là qu’est venue la volonté de construire une Europe commune, qui n’est pas imposée du haut, mais qui s’édifie par le consensus. Et cette Europe par le consensus est l’Europe fondamentale, à travers l’idée de démocratie et l’idée qu’il y a ce fonds de civilisation, aujourd’hui devenu universel, mais dont l’Europe a été le foyer. La Turquie a toujours participé à cette histoire européenne, depuis le XIIIe siècle, pas seulement en tant qu’ennemie, mais aussi en tant que partenaire.
Elle a été constamment dans le jeu européen, pour le pire – “l’homme malade de l’Europe” au XIXe et l’alliée de l’Allemagne dans la Première Guerre mondiale – et pour le meilleur, grâce à sa sécularisation, sa démocratisation, de même que sa volonté de s’approprier les valeurs européennes et de s’intégrer dans l’Union européenne.
Ecrit par : Jonas Celebiler | lundi, 29 novembre 2004
L'adhésion turque ne devrait pas poser de problème si les couleurs de la Turquie dans les négociations étaient défendues par les représentants de la Turquie laïque , héritière d'Ata Turc. La position du gouvernement turc actuel est ambigüe car sa défense de l'Islam et son retour sur certaines avancées laïques ( port du voile, pénalisation de l'adultère) sont contraires aux valeurs défendues sinon par l'ensemble de l'Europe , du moins par certains pays fondateurs. Il y a un doute sérieux sur la sincérité de l'engagement laïc turc et il revient au gouvernement lui même d'établir sa crédibilité auprès des opinions publiques européennes
Ecrit par : blancard | jeudi, 20 janvier 2005
L'Empire Ottoman était surement européen mais la Turquie l'est t'elle? Beaucoup moins , je pense parce qu'elle a toujours rejetté le multiculturalisme ottoman. D'autant plus, je pense qu il ne faut pas mélanger occidentalisme et modernisme avec le caractère européen. Dans ce Cas, Israel aussi est moderne et occidental.
Ecrit par : philippe Perchoc | vendredi, 21 janvier 2005
Vos articles sont tres interressants et surtout tres complets, en "profondeur".Et agréables à lire( rares sur le sujet)
Je n ai certes pas vos connaissances dans l historique de la Turquie,il me semble cependant que les "pour la turquie dans l Europe" subliment (ou occultent ) bien des problemes négatifs (soulevés par Blancard ci dessus).Que dire de la négation du génocide des Arméniens??
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Ecrit par : ESTELLE | mercredi, 26 janvier 2005
Je voudrais attirer l'attention des lecteurs sur les effarantes déclarations approuvées par le ministre turc des Affaires étrangères en juin 2004.
Je m'étonne du silence des médias et des personnalités politiques. Peut-être est-ce de l'ignorance. J'ai entendu de nombreux débats et lu quantité d'articles, mais personne n'a jamais fait allusion à l'adhésion de la Turquie aux résolutions de l'Organisation de la conférence islamique.
Il faut consulter le texte du communiqué final de la 31me conférence des ministres des affaires étrangères de l'Organisation de la Conférence Islamique (présidée par le ministre des affaires étrangères turc). Cette conférence s'est tenue à Istanbul en juin 2004.
Ce texte contient 168 articles et est APPROUVÉ par le ministre des affaires étrangères turc. Il est lisible en entier et anglais sur le site de l' ICO (islamic conference organisation), http://www.oic-oci.org/english/fm/31/31%20icfm-fc-en.htm , et depuis peu en français à l'adresse http://www.oic-oci.org/index_french.asp
De nombreux articles de ce communiqué final soutiennent des soulèvements islamistes partout dans le monde, mais j'attire particulièrement l'attention sur l'article 62 du communiqué final, article dans lequel il est notamment reproché à l'Union Européenne de s'opposer à la lapidation des femmes.
D'une manière générale, l'ensemble des articles de ce communiqué final met l'accent sur la communauté des projets de l'oumma, dont fait partie la Turquie, dans tous les domaines, religieux, politiques et culturels.
Cette Turquie si laïque, membre de l'OCI, qui préside une conférence et approuve un communiqué final dont la plupart des articles soutiennent les avancées de l'islam, revendiquent la suprématie de l'oumma,
° dont l'article 27 exprime son soutien à la juste cause de la Communauté musulmane turque de Chypre,
° dont l'article 32 exprime la "nécessité de promouvoir les valeurs islamiques",
° dont l'article 48 se "félicite de l’adoption de la Déclaration de Djakarta sur l’attachement à l’Islam en tant que message de clémence pour toute l’humanité ainsi que du plan d’action."
° dont l'article 52 insiste sur "la nécessité de déployer des efforts accrus en vue de la mise en œuvre des résolutions islamiques pertinentes"
° dont l'article 62 enfin "appelle à s’abstenir de toute utilisation de l’universalité des droits de l’homme comme prétexte pour s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats et porter atteinte à leur souveraineté nationale. Elle a, en outre, dénoncé la décision de l’Union Européenne concernant la condamnation de la peine de la lapidation et des autres peines qualifiées d’inhumaines et qui sont appliquées dans certains Etats membres en vertu des dispositions de la Charia. "
Quand on pense que la constitution européenne ne peut pas faire mention des racines judéo-chrétiennes de l'Europe ! Il s'agit simplement de racines, pas de gouverner la société selon des valeurs chrétiennes. Mais on devrait considérer légitime que la Turquie soit membre de l'Europe en "déployant des efforts accrus en vue de la mise en œuvre des résolutions islamiques pertinentes."
On voit donc qu'au moment même où le gouvernement de la Turquie négociait sa candidature à l'UE en promettant de respecter les critères de Copenhague, ce même gouvernement prenait la défense de coutumes aussi barbares que la lapidation ,et faut-il rappeler qu'il avait approuvé en octobre 2003 une déclaration de l'OCI refusant d'adhérer aux concepts de Démocratie et des Droits Humains.
Je signale que je viens d'envoyer ce texte à un sénateur belge qui m'a répondu en qualifiant d'hallucinante cette position de la Turquie. Il a réagi en interpellant par écrit le ministre belge des affaires étrangères.
Ecrit par : Yvette | mercredi, 16 février 2005




